Selon plusieurs organisations russes, la reconnaissance faciale a été mobilisée pour réprimer les participants d’une manifestation organisée le 21 avril en soutien d’Alexeï Navalny, figure de l’opposition, actuellement emprisonné.

Moscou réprime les manifestants à retardement

Vladimir Poutine l’avait promis aux participants des manifestations non autorisées du 21 avril, « les provocateurs le regretteront comme jamais ils ne l’ont regretté ». La consigne de fermeté a été suivie avec près de 1800 personnes interpellées en marge du mouvement dans tout le pays. Pourtant, une incongruité a étonné les observateurs, à Moscou la manifestation s’est déroulée dans le calme, sans interpellation majeure.

L’explication c’est l’ONG OVD-info, spécialisée dans le recueil d’informations sur les détentions, qui l’avance : la police moscovite s’est servie du réseau de vidéosurveillance de la ville et de son système de reconnaissance faciale pour remonter la piste des manifestants. Un certain nombre de journalistes et militants ont eu le droit à visite de la police à leur domicile après la mobilisation.

Dmitry Piskunov, membre de l’ONG, s’est alarmé de cette évolution de la répression dans une déclaration reprise par RFI, « Auparavant, s'ils n'étaient pas arrêtés sur place, les manifestants étaient tranquilles. Mais maintenant à chaque fois que l'on frappe à leur porte, les gens se demandent si ce n'est pas la police qui va les amener au tribunal ou en prison ».

La reconnaissance faciale utilisée pour faire respecter le confinement

À Moscou 204 000 caméras surveillent de près les habitants. Progressivement, depuis 2017, près de la moitié ont été assorties d’un logiciel de reconnaissance faciale. Déployée sans aucune loi pour l’encadrer, la reconnaissance faciale est désormais partout, c'est l'un des systèmes les plus importants du monde. En septembre 2020, le métro de la capitale à commencer à s’équiper, dès mars toutes les stations avaient au moins une caméra avec cette technologie.

La reconnaissance faciale a été présentée comme un moyen de lutter plus efficacement contre la criminalité, puis lors du confinement à Moscou au printemps 2020, le maire de la ville, Sergueï Sobianine a annoncé qu’il servirait à identifier et punir les moscovites ne respectant pas les restrictions sanitaires. Désormais c’est au tour de l’opposition d’être sous le regard de Moscou.