Lors du Digital China Summit, une foire commerciale annuelle qui se déroule dans la ville de Fuzhou, dans le sud-est de la province du Fujian, Ant Group et Tencent Holdings ont révélé l’histoire de leur coopération avec la BPC sur le yuan numérique. La Chine, qui travaille sur le sujet depuis 2014, a depuis quelques mois accéléré ses projets d’expérimentation sur sa nouvelle monnaie, organisant des loteries et concluant des accords fructueux.

Quant à Ant Group, c’est la première fois qu’il communique sur le sujet du yuan numérique depuis le blocage de son introduction en bourse par les régulateurs chinois, qui l’avait forcé à restructurer ses activités. Une décision de la part des autorités qui avait été analysée comme possiblement liée aux projets de yuan numérique, avec lesquels Ant Group entrerait en compétition par ses services fintech.

Selon des affiches révélées lors du Digital Summit, Ant Group aurait été invitée à rejoindre la recherche et le développement du yuan numérique fin 2017, l’année de la création dans le pays du “Digital Currency Research Institute”, dédiée au yuan numérique. Par ailleurs, on apprend que MYBank, banque en ligne que possède Ant Group, devient l’une des premiers services bancaires technologiques à proposer d’utiliser le yuan numérique. “Ant Group, avec son service MYbank, continuera à soutenir la recherche, le développement et les essais de yuan numérique de la PBOC", a déclaré lundi 26 avril un représentant de Ant Group.

Ant aurait commencé officiellement à tester le yuan numérique chinois en juillet 2020. En novembre de la même année, la fintech aurait ensuite approfondi sa coopération avec l’Institut. Par exemple, en travaillant sur la base de données OceanBase, ou en déployant le yuan numérique dans plusieurs régions au cours de l’année 2020, dans le cadre de tests.

Concernant Tencent, les informations communiquées indiquent qu’il aurait participé aux tests de monnaie numérique organisés par la BPC à partir de 2018, soit avant Ant Group. Un représentant de Tencent a déclaré que l’entreprise “continuera à mener des essais pilotes conformément aux directives de la BPC”.

Le yuan numérique, que la Chine souhaite lancé aussitôt que possible, et qui s’était déjà vu attribuer un statut légal en novembre dans un amendement aux lois de la BPC, a donc encore de beaux jours devant lui, les collaborations se multipliant et les acteurs impliquées augmentant. Les essais de la monnaie devraient s’étendre à plus de 10 villes chinoises cette année.