L'Inde subit actuellement la pandémie de Covid-19 de plein fouet. De nombreux internautes laissent éclater leur mécontentement sur les réseaux sociaux, d'autres dénoncent une gestion calamiteuse de l'épidémie par le gouvernement indien. Pour tenter de limiter les dégâts et d'éteindre un brasier déjà bien brûlant, le New York Times rapporte que le gouvernement ordonne la suppression des messages en question sur Facebook, Twitter et Instagram.

Les réseaux sociaux appliquent la censure voulue par le gouvernement

L'Inde a déclaré que les messages concernés par cette censure pouvaient inciter à la panique et entraver la gestion de la pandémie de Covid-19. Parmi les messages en question, des critiques sur le système en place et des appels à démission du Premier ministre Narendra Modi... Pour le moment, les réseaux sociaux se sont conformés aux demandes du gouvernement. Ils ont, en partie, masqué aux indiens. Certains contenus ont cependant été remis en ligne après que les réseaux sociaux aient estimé qu'ils ne violaient pas les lois.

Une demande du gouvernement indien qui intervient à un moment critique pour le pays. La pandémie de Covid-19 devient incontrôlable et la crise sanitaire est sur le point de se transformer en crise politique. De cette situation, pourrait émerger une lutte lutte croissante entre les plateformes de médias sociaux américaines et le gouvernement de Narendra Modi. Au milieu de tout ça, se joue la survie de la liberté d'expression. Les messages d'internautes demandant de l'aide au gouvernement sur les réseaux sociaux se multiplient.

L'Inde n'arrive pas à maîtriser l'envolée de la pandémie

Aujourd'hui, lundi 26 avril, l'Inde a annoncé 350 000 nouvelles infections et plus de 2 800 décès. C'est le cinquième jour consécutif où l'Inde établi un record mondial en terme d'infections quotidiennes... Le système de santé du pays est clairement en train de vaciller. À New Delhi, les hôpitaux refusent des patients car ils manquent d'oxygène et de lits. Les photos sur les réseaux sociaux des corps sur les lits d'hôpitaux et les feux des crématoires surchargés sont devenues virales. Narendra Modi est aujourd'hui attaqué pour avoir ignoré les conseils des experts médicaux.

Un tweet de Revanth Reddy, un membre du parlement, estime que Narendra Modi est responsable de la catastrophe. Dans un autre tweet, il dit que : "le gouvernement ferait mieux de se concentrer sur la pandémie plutôt que d'essayer de contrôler Twitter".


Ces nouvelles mesures de censure ne sont pas si étonnantes. En début d'année, l'Inde menaçait déjà d'emprisonner des employés de Twitter à moins qu'ils n'appliquent la censure du gouvernement. À l'époque, c'était la révolte des agriculteurs qui inquiétait Narendra Modi. En effet, depuis fin novembre 2020, les fermiers indiens assiègent New Delhi. Ils protestent contre la libéralisation du secteur agricole. Un discours ne plaît pas beaucoup au gouvernement. Nouvelle crise avec la pandémie qui s'accélère (c'est peu de le dire), même réaction.