Ce jeudi, l’administration de Joe Biden a annoncé les sanctions imposées contre la Russie pour le piratage de SolarWinds en décembre dernier et ses ingérences au cours des élections. Ces nouvelles mesures, qui suscitaient beaucoup de spéculations, comprennent des sanctions financières et diplomatiques. Elles pourraient impacter la proposition de sommet du président américain avec Vladimir Poutine.

Des sanctions lourdes pour la Russie

Suite au piratage de SolarWinds, qui avait frappé des agences gouvernementales et des entreprises américaines, les États-Unis ont contre-attaqué. Depuis son arrivée à la Maison-Blanche, Joe Biden a fait savoir qu’il mettait au point une riposte. Les représailles ont été officiellement présentées le 15 avril 2021, elles sont irrévocables.

Hier, le président américain a signé un décret, suivi de sanctions immédiates. Dans un communiqué, le gouvernement américain a annoncé d’importantes mesures, qui auraient "des conséquences stratégiques et économiques" pour punir la Russie "si elle continue ou favorise une escalade de ses actions de déstabilisation internationale".

Washington a tout d’abord pris des mesures envers des diplomates russes. Certains sont accusés de faire partie des services de renseignements. Ce sont donc dix diplomates qui seront expulsés des États-Unis pour leur implication dans l’affaire, mais pas seulement. Dans le cadre de ce décret, six sociétés technologiques russes seront aussi sanctionnées. Ces dernières sont accusées de jouer un rôle dans les activités de cyber-renseignement de Moscou, et notamment lors du piratage de la plateforme de SolarWinds, Orion.

Le décret présidentiel prévoit également de sévères sanctions monétaires. Le Trésor américain a interdit aux institutions financières américaines d’acheter des obligations en rouble nouvellement émises par la banque centrale russe, ou d’autres grandes institutions financières, à partir du 14 juin prochain. Ces mesures ciblent la dette souveraine de la Russie, mais surtout son économie, déjà touchée par les décisions américaines. En effet, si cette décision ne devrait avoir qu’un effet limité au vu de la dette et des réserves de la Russie qui ne dépassent pas les 180 milliards de dollars, elle impacte déjà le rouble. Depuis hier, le cours de la monnaie russe chute.

Malgré tout, l’administration de Joe Biden a tenu à souligner l’importance de la coopération entre les Russes et les Américains, tout en affichant une certaine fermeté : “J’ai été clair avec le président Poutine : nous aurions pu aller plus loin. Mais j’ai choisi de ne pas le faire, j’ai choisi une réponse proportionnée. Les États-Unis ne cherchent pas à lancer un cycle d’escalade et de conflit avec la Russie. Nous voulons une relation stable.”

La réponse de la Russie ne s’est, quant à elle, pas faite attendre : "Un tel comportement agressif recevra une forte rebuffade. La réponse aux sanctions sera inévitable", a averti la porte-parole de la diplomatie russe, Maria Zakharova. Même si le président américain a affirmé vouloir maintenir le sommet prévu entre les deux pays, leurs relations n’en restent pas moins ternies par cette opération d’espionnage.