Aujourd’hui, les États-Unis annonceront une série de sanctions contre la Russie en réponse au piratage de SolarWinds de décembre dernier, mais pas seulement. L’administration de Joe Biden sanctionnera également son implication dans les dernières élections américaines et les potentielles primes délivrées en Afghanistan pour tuer des soldats américains. De plus certaines mesures viseront plusieurs responsables russes.

Des sanctions non sans conséquences suite au piratage de SolarWinds

L’administration de Joe Biden n’en démord pas. Si des sanctions avaient déjà été ignorées par Vladimir Poutine auparavant, des nouvelles sont cette fois-ci prévues. De nombreuses entreprises américaines avaient été victimes d’une faille de sécurité dans un logiciel édité par SolarWinds. Microsoft, qui avait découvert des intrusions sur ses logiciels, avait confirmé être également touché.

Par ailleurs, les hackers russes avaient frappé des agences gouvernementales américaines. On sait que des e-mails du Department of Homeland Security (DHS), soit le Département de la Sécurité intérieure des États-Unis, avaient pu être consultés par les pirates. C’était également le cas de ceux du département de la Justice. Cette vaste opération d’espionnage n’est donc pas sans conséquences. Des secrets d’État ont potentiellement pu être volés par le groupe AP29, soutenu par la Russie, avait affirmé The Guardian.

Selon le New York Times, les mesures prises par les États-Unis comprendront l’expulsion de certains diplomates russes du pays, le recensement de 30 entités russes sur une liste noire, mais également des mesures concernant la dette souveraine. Les marchés financiers redoutent des sanctions qui impacteraient l’économie globale du pays. Il est possible que Washington publie un décret interdisant aux institutions financières américaines d’acheter des obligations en roubles.

Des responsables anonymes ont déclaré au New York Times que ces nouvelles sanctions devraient être bien plus sévères que celles prises dans le passé contre Moscou pour ses attaques contre les institutions américaines. Cette déclaration n’a pas l’air d’effrayer les responsables russes. Ils se seraient moqués d’être ajoutés aux listes noires de l'Office of Foreign Assets Control (OFAC) du Département du Trésor, l’organisme de contrôle financier américain. Ils auraient même comparé cela à une élite, ce qui montre que certains dirigeants n’ont pas l’air de craindre que les États-Unis sévissent.

Il reste maintenant à savoir si les entités russes riposteront à leur tour ou non. Et si c’est le cas, de quelle manière ? Le piratage de SolarWinds pourrait leur avoir offert des pistes pour contre-attaquer, ce qui inquiète les États-Unis. La Russie, quant à elle, semble se préparer au pire : "L'hostilité et l'imprévisibilité des actions de l'Amérique nous obligent en général à nous préparer aux pires scénarios", a déclaré le porte-parole du Kremlin, Dmitri Peskov, la semaine dernière.