La NASA vient de franchir une étape importante de son programme Artemis, qui vise à ramener des humains sur la Lune et à y construire une base. Le premier étage du lanceur le plus puissant depuis Saturn V (programme Apollo), le Space Launch System (SLS), a réalisé son test dit « Green Run » avec succès.

Durant 8 minutes, les quatre moteurs principaux qui propulseront la fusée ont été mis en marche et ont simulé un véritable décollage, avant d’épuiser leur réserve d’oxygène liquide. Le premier étage du SLS, développé par Boeing, a ainsi démontré toute sa puissance, les moteurs étant même parvenus à osciller, une manœuvre importante permettant au vaisseau de changer de direction en vol. Si des flammes ont pu être aperçues, elles étaient à prévoir, il s’agissait de l’isolant thermique. Les techniciens disposent désormais de 500 secondes de données à exploiter pour analyser en profondeur ce test réussi.

Il s’agit là d’une grande victoire pour l’agence spatiale américaine. Le SLS est en développement depuis près de 10 ans maintenant et a connu de nombreux retards : la NASA a dépensé près de 20 milliards de dollars pour arriver là où elle en est aujourd’hui. Lors du précédent test Green Run, les moteurs ont dû être arrêtés au bout de 67 secondes seulement suite à une forte baisse de pression du système hydraulique.

Après un an et trois mois passés au Stennis Space Center dans le Mississippi, le premier étage du SLS va pouvoir être acheminé en bateau jusqu’au Kennedy Space Center en Floride. Là-bas, il sera relié à ses deux énormes boosters latéraux ainsi qu’à la capsule Orion, qui devrait transporter les astronautes de la NASA jusqu’à la Lune en 2024 (cette date a de forte chance d’être repoussée). Une fois assemblé, le SLS sera l’un des lanceurs super-lourds les plus puissants jamais construits.

La fusée SLS de la NASA.

Le Space Launch System est en développement depuis 2011. Image : FlickR / NASA's Marshall Space Flight Center

Dans les prochaines semaines, la NASA devrait donc annoncer une date pour la mission Artemis 1, qui consistera à envoyer la capsule Orion, sans équipage, autour de la Lune. Elle devrait avoir lieu dans la première partie de 2022. Il reste désormais à voir si le SLS sera retenu pour les autres missions Artemis ; la NASA pourrait en effet se diriger vers un lanceur privé qui lui coûterait beaucoup moins d’argent. On pense tout de suite à Starship de SpaceX, une fusée surpuissante sur laquelle Elon Musk mise très gros.