Vendredi 5 mars au matin, les actions de Tesla avaient baissé de 8% par rapport à la veille... À la fin de la journée, elle aura finalement réussi à se stabiliser avec une simple baisse de 4%. Pourtant, on sent bien qu'un vent de panique souffle sur les entreprises technologies cotées en bourse depuis quelques semaines. Le titre de Tesla a perdu 15% de sa valeur depuis le début de l'année 2021. C'est son plus bas niveau depuis le 4 décembre.

Un vent de panique général pour les géants technologiques

Au début de l'année 2021, nous pouvions constater une envolée des actions Tesla. Cela avait même permis à Elon Musk de devenir l'homme le plus riche du monde, devant Jeff Bezos et Bill Gates. Pourtant, depuis plusieurs jours la tendance semble s'être inversée. Différents facteurs jouent sur cette baisse.

Le 4 mars, Jerome Powell, président de la réserve fédérale des États-Unis (la Fed), a déclaré que : "nous allons constater dans les prochains jours une hausse sur les prix et une augmentation transitoire de l'inflation". Évidemment le marché s'inquiète de telles annonces ainsi que de la hausse des taux d'intérêt qui peut en découler.

Cette tendance a entraîné un affaiblissement assez large des actions technologiques. Cette situation affecte l'entreprise d'Elon Musk, mais aussi d'autres géants technologiques comme Apple qui a vu son titre passer de 129 dollars à 121 dollars en quelques semaines ou encore Netflix qui a chuté de 523 dollars à 516 dollars.

Cependant, comme l'explique CNBC, la chute de Tesla est plus précipitée et cela est dû à un autre facteur : le marché de l'automobile électrique a mûri et la concurrence se fait de plus en plus sérieuse.

Tesla a de plus en plus de concurrence

Ce constat a poussé certains des plus grands actionnaires, ardents défenseurs de Tesla, à encaisser une partie de leurs actions... C'est la preuve qu'ils commencent à reconnaître à que la concurrence dans le domaine des véhicules électriques constitue enfin un véritable défi pour Tesla.

Quelques exemples très concrets : Ron Baron a vendu 1,7 million d'actions Tesla et a investi dans deux des plus grands rivaux potentiels de la société, Cruise, qui appartient à General Motors, et Rivian, une startup d'Amazon. L'ancien membre du conseil d'administration de Tesla, Steve Westly, a déclaré cette semaine que : "Tesla ne sera pas le roi pour toujours en matière de voiture électrique. L'entreprise a de la concurrence dans tous les secteurs et va devoir doubler sa part de marché pour rester compétitive".

Deux constructeurs en particulier ont produit de grands efforts sur le marché de l'électrique : Ford et Volkswagen. La Mach E et l'ID.3 connaissent un succès fulgurant et font de l'ombre aux modèles de Tesla aux États-Unis et en Europe. D'autres véhicules électriques pas encore sur le marché inquiètent les actionnaires : la version tout électrique du F-150 de Ford, le Lucid Air, ou encore les SUV et les camions électriques de Rivian.

Le constructeur automobile subit aussi la pénurie de semi-conducteurs

Autre facteur : la pénurie de semi-conducteurs. De nombreux constructeurs automobiles ont été contraints de fermer certaines de leurs usines et Tesla ne fait pas exception. L'usine de Fremont, en Californie, a fermé temporairement en raison d'une "pénurie de pièces". L'usine a été officiellement fermée pendant deux jours.

Selon le directeur financier de Tesla, Zachary Kirkhorn : "la production des Model S et X sera plus faible en raison de la pénurie de semi-conducteurs. Nous travaillons extrêmement dur pour gérer cette pénurie mondiale de semi-conducteurs ainsi que sur les capacités portuaires qui pourraient entraver la livraison des pièces et de nos véhicules".