Selon Eric Schmidt, ancien PDG de Google, les États-Unis n’ont plus beaucoup de temps pour asseoir leur domination technologique sur la Chine. Qualifiant la situation d’« urgente », il a cité plusieurs secteurs clé sur lesquels il faut absolument avoir la mainmise, rapporte le South China Morning Post.

« Il y a un ensemble de plateformes technologiques qui vont voir le jour, mais elles vont d'abord se produire en Chine, à moins que nous n'ayons un effort plus concerté en Amérique », a-t-il déclaré lors d’une réunion du Comité des forces armées du Sénat portant sur les technologies émergentes et leur impact sur la sécurité nationale. Schmidt a également rappelé que les États-Unis n’avaient qu’« un ou deux ans d'avance sur la Chine, et non cinq ou dix », en matière d’intelligence artificielle.

La guerre commerciale opposant les deux premières puissances économiques mondiales se joue sur des secteurs bien précis, considérés comme essentiels au monde de demain, à savoir l’intelligence artificielle, l’informatique quantique, les semi-conducteurs ou encore les biotechnologies. Afin de contrecarrer les plans chinois, le budget américain alloué à l’IA et à l’informatique quantique a d’ailleurs été augmenté de 30% pour 2021.

Joe Biden s’est en outre penché sur le problème des semi-conducteurs, et envisage de faire construire des usines sur le sol américain afin que leur production soit réalisée aux États-Unis. Les autorités ont par ailleurs identifié une liste de 37 domaines dont les produits sont soumis à des restrictions d’exportations vers la Chine. Enfin, l’administration Biden est d’ores et déjà en train de mettre une stratégie en place afin d'empêcher l’Empire du Milieu d’évoluer dans des secteurs technologiques, et cela passe notamment par des alliances avec des pays alliés.

D’après Eric Schmidt, cette technique est vitale car des chefs d’État européens, à l’instar de Boris Johnson ou d’Emmanuel Macron, ne sont pas contre des partenariats avec la Chine : « C’est de mauvais augure pour la suite. Nous devons construire toutes les voies de partage technologique possibles avec nos alliances. Je crains que nous ne comprenions pas la menace concurrentielle de la Chine par rapport à ce que nous essayons de faire », a-t-il affirmé.

Pour l’ancien PDG de Google, les États-Unis doivent miser sur leur secteur privé, qu’il qualifie de « meilleur du monde », il serait ainsi leur seul espoir de ne pas être rattrapés par la Chine qui est déjà en avance dans le secteur critique de la reconnaissance faciale. Si l’Empire du Milieu a autant progressé, c’est notamment grâce à une mesure prise en 2017 visant à en faire la plus grande puissance en matière d’IA d’ici 2030.