Dans un rapport de 93 pages, l’Autorité de la Concurrence française accuse Google de graves manquements lors de ses négociations avec les éditeurs de presse.

Google n’aurait pas tenu ses obligations, fixées par le régulateur français

Pourtant, tout semblait sur la bonne voie entre la firme de Mountain View et la presse française après plusieurs mois de bataille acharnée. En janvier 2021, un accord était ainsi trouvé avec l’Alliance de la Presse d’Information Générale (APIG), organisme regroupant de nombreux médias comme Le Monde, Les Échos ou encore Le Figaro. Celui-ci permet entre autres d’ouvrir la voie à la rémunération des éditeurs, pour lesquels Google s’est engagé à verser 76 millions de dollars.

Le régulateur français reproche néanmoins à Google de ne pas avoir respecté « l’essentiel des mesures conservatoire » qu’il lui a fixé dans le cadre d’une procédure intentée par l’AFP, l’APIG et le Syndicat des éditeurs de la presse magazine (SEPM), note Reuters. Ces mesures, qui comprenaient un délai de trois mois et le don de données nécessaires aux éditeurs, devaient contraindre le géant du Web à négocier « de bonne foi » avec les éditeurs de presse par rapport à leur rémunération.

Contacté par l’agence de presse, un porte-parole de Google a déclaré : « Notre priorité est de nous conformer à la loi et de continuer à négocier avec les éditeurs de bonne foi, comme en témoignent les accords que nous avons conclus avec eux ces derniers mois. Nous allons maintenant examiner la communication des griefs, et nous travaillerons en étroite collaboration avec l'Autorité française de la Concurrence ».

Big Tech vs presse

Le bras de fer opposant les Big Tech aux médias n’est pas unique à la France. Récemment, Facebook a décidé de couper l’accès aux actualités sur sa plateforme en Australie afin de protester contre une nouvelle loi concernant la rémunération des éditeurs de presse du pays. Si le réseau social a déclaré que l’accès serait restauré prochainement, cela montre la réticence des grandes plateformes numériques à l’idée de rémunérer la presse pour leur contenu.

Du côté de l’Hexagone, on ignore encore si l’Autorité de la Concurrence va sévir, mais ce rapport constitue une partie importante du processus de sanction du régulateur. Ce dernier pourrait ainsi infliger une amende à Google allant jusqu’à 10% de ses ventes annuelles, elles ont atteint un montant de 183 milliards de dollars pour la firme de Mountain View en 2020.

Pour rappel, l’autorité française a déjà imposé une amende d’1,1 milliard d’euros à Apple l’année passée.