Les PDG de Twitter, de Google et de Facebook sont appelés à témoigner devant le Comité de l’Énergie et du Commerce de la Chambre des représentants aux États-Unis. Ils devront notamment s’expliquer sur la gestion de la désinformation par leurs plateformes respectives.

L’audience de Jack Dorsey, de Sundar Pichai et de Mark Zuckerberg aura lieu le 25 mars prochain et sera tenue conjointement par les sous-comités des Communications et de la Technologie, ainsi que de la Protection des consommateurs et du Commerce. Dans un communiqué, les représentants expliquent :

« Qu'il s'agisse de mensonges sur le vaccin de la Covid-19 ou d'allégations de fraude électorale démenties, ces plateformes en ligne ont permis à la désinformation de se répandre, intensifiant les crises nationales avec des conséquences réelles et sinistres pour la santé et la sécurité publiques. Cette audition permettra de poursuivre le travail de la Commission qui consiste à tenir les plateformes en ligne pour responsables de la montée croissante de la désinformation. Pendant trop longtemps, les Big Tech n'ont pas reconnu le rôle qu'elles ont joué dans la promotion et la diffusion d'informations manifestement fausses auprès de leur public en ligne. L'autorégulation de l'industrie a échoué. Nous devons commencer à modifier les incitations qui poussent les sociétés de médias sociaux à permettre et même à promouvoir la désinformation ».

Si Mark Zuckerberg et Jack Dorsey ont déjà été appelés à témoigner devant le Sénat au sujet de la désinformation et de la modération ayant lieu sur leurs plateformes, cette audience portera, en plus de la Covid-19 et des élections américaines, sur le rôle des réseaux sociaux dans les événements du 6 janvier 2021 lorsque des pro-Trump ont envahi le Capitole, symbôle de la démocratie américaine. Si les plateformes n’ont pas tardé à réagir, par exemple en supprimant des comptes liés à Qanon ou en suspendant celui de Trump, elles ont également été utilisées pour l’organisation du rassemblement ; selon le FBI, une milice s’est coordonnée sur Messenger avant la prise du Capitole.

Il est vrai que les réseaux sociaux ont récemment pris de nombreuses mesures pour endiguer la propagation de fausses informations : interdiction de publicités anti-vaccins, introduction de labels, bientôt le lancement d’un outil participatif pour Twitter… mais il semblerait que le mal soit, dans certains cas, déjà fait. Par ailleurs, un rapport récemment réalisé par l’ONG Markup montrait l’inefficacité des mesures prises par Facebook pour lutter contre la désinformation liée aux élections présidentielles.

Organisée par le camp démocrate, cette audience n’est pas surprenante et sonne comme un avant-goût de ce qui attend les réseaux sociaux outre-Atlantique. En effet, depuis plusieurs mois déjà, de nombreuses personnalités politiques, qu’elles soient républicaines ou démocrates, appellent à une réinterprétation de la Section 230 qui garantit une immunité aux plateformes numériques pour le contenu qu’elles hébergent.