Depuis plusieurs mois des représentants de l’Union européenne ou des États-membres expriment leur volonté de relocaliser en Europe une industrie de semi-conducteurs. Selon Bloomberg, TSMC et Samsung seraient impliqués dans le projet pour lequel il n’existe pas encore de plan établi.

L’UE semble s’activer sur le secteur des semi-conducteurs

Dans le secteur ultra stratégique des semi-conducteurs, indispensables pour les objets connectés, l’Union européenne souhaite s’émanciper de la domination de l’Asie et des États-Unis. Un enjeu devenu une urgence alors que plusieurs secteurs de l’industrie font face à une pénurie. L’industrie automobile et notamment l’entreprise Volkswagen sont affectés par ce manque de semi-conducteur.

Pour y faire face, en décembre 2020, treize pays européens, dont la France, se sont associés pour demander une politique d’investissement public-privé dans le secteur. Une demande accueillie avec enthousiasme et reprise par Thierry Breton, Commissaire européen à la politique industrielle, au marché intérieur, du numérique, de la défense et de l’espace. Depuis, six nouveaux pays se sont joints à l’initiative. Récemment, Bruno Le Maire et Thierry Breton ont conjointement rappelé tous les enjeux que cela représentait pour l'industrie européenne.

Un marché stratégique

Selon des sources de Bloomberg, les partenaires européens auraient fait appel aux leaders les plus innovants du secteur, Taiwan Semiconductor Manufacturing Co (TSMC) et Samsung. Ils aideraient à développer, sur le Vieux Continent, des capacités de production pour des semi-conducteurs inférieurs à 10nm voire des puces de 2 nm. GlobalFoundries, la principale fonderie européenne, basée en Allemagne, produit des microprocesseurs de 28 nm pour des applications courantes.

L’objectif de l’Europe est d’être à l’origine d’un cinquième des puces et microprocesseurs dans le monde. Thierry Breton a déclaré, "Sans une capacité européenne autonome en matière de microélectronique, il n'y aura pas de souveraineté numérique européenne". Les semi-conducteurs sont indispensables pour la 5G, les voitures connectées, le calcul haute performance… Une course mondiale est déjà engagée dans ce secteur hautement stratégique entre les États-Unis, la Chine, le Japon, la Corée du Sud, le champion taïwanais et l’Europe qui détient tout de même 10% du marché.

"Pas de plan concret pour l’instant"

Pour le moment une fonderie doit voire le jour, soit en créant une nouvelle soit en réaménageant une fonderie pré-existante. L’UE n’en est pas encore là. Un fonctionnaire français a fait savoir que le projet n’était pas encore fait le 11 février, ni la collaboration de Samsung et TSMC. Cette dernière a confirmé à Bloomberg qu’il n’existait "pas de plan concret pour l'instant".

Des travaux sont en cours et un plan d’investissement pourrait être dévoilé d’ici la fin du premier trimestre 2021. Thierry Breton a annoncé en décembre un investissement initial public-privé qui pourrait atteindre 30 milliards d’euros. Une jolie somme… TSMC, de son côté, envisage d’investir un peu moins de 21 milliards d’euros minimum dans les semi-conducteurs en 2021 et Samsung 26 milliards d’euros…