Le 17 février, William Easton, le directeur général de Facebook Australie et Nouvelle-Zélande, a évoqué les modifications du partage et de l’affichage des articles d’actualité sur le réseau social, en Australie dans un communiqué de presse. Ces éléments constituent une « réponse à la nouvelle loi australienne sur la négociation des médias ». Google, qui était aux côtés de Facebook dans cette bataille, s’est, de son côté, finalement adapté aux exigences australiennes.

Des menaces mises à exécution

À en croire les propos de Facebook, le gouvernement australien aurait du mal à comprendre sa relation avec les éditeurs de presse. Le réseau social met en cause le “code de conduite contraignant » sur lequel le gouvernement travaille, code contre lequel il lutte depuis des mois. William Easton précise « Le projet de loi comprend fondamentalement mal la relation entre notre plateforme et les éditeurs qui l’utilisent pour partager du contenu d’actualité. Cela nous a laissé face à un choix difficile à faire : tenter de se conformer à une loi qui ignore les réalités de cette relation, ou arrêter d’autoriser le contenu d’actualité sur nos services en Australie. Le cœur lourd, nous avons choisi ce dernier ». Et pour cause, en septembre 2020, Facebook avait menacé de ne plus partager d’articles d’actualité sur sa plateforme. Sa condition était à l’époque que le gouvernement fasse marche arrière, c’est donc raté.

À présent, la décision se fait d’ores et déjà ressentir puisque les pages Facebook des principaux médias australiens sont devenues vierges. Le réseau social dit qu’il créera rapidement un système pour examiner les articles impactés par son choix. Ainsi, les informations du service météorologique national australien, qui ne sont par exemple plus disponibles, devraient l’être à nouveau.

Cette restriction australienne coûterait, selon Facebook, plus de 300 millions de dollars aux éditeurs de presse. Du côté du gouvernement, le ministre des Finances Josh Frydenberg a jugé ces mesures « inutiles et autoritaires », selon lui, c’est à la réputation de Facebook que cette décision nuira. Tandis qu’il était auparavant optimiste sur la situation, le ministre s’est exprimé sur Twitter, précisant avoir échangé avec Mark Zuckerberg pour trouver un compromis « Nous avons convenu de poursuivre notre conversation pour essayer de trouver une voie à suivre ».

Facebook sévit, Google fléchit

Lors des négociations avec le gouvernement australien, Facebook n’était pas seul. Google partageait l’opinion du réseau social sur la proposition loi et avait menacé de fermer son moteur de recherche dans le pays en cas d’adoption. Cela n’aura pas été le cas puisque mercredi, Google et News Corp ont annoncé un partenariat pluriannuel. Celui-ci a été conclu face à la pression australienne. Le partenariat prévoit donc que des articles et vidéos des sites de News Corp figureront sur la plateforme de Google dédiée à l’actualité. Afin de respecter la loi, Google s’est engagé à verser des “sommes significatives” à News Corp en contrepartie.

En juin dernier déjà, Facebook avait annoncé qu’il refusait de payer pour diffuser les contenus de la presse. Cela faisait suite à l’annonce australienne, il reste donc maintenant à savoir comment le réseau social et le gouvernement australien pourraient parvenir à se mettre d’accord. Ce dossier, qui n’est pas sans rappeler celui du droit voisin avec Google et les éditeurs de presse en France, risque de durer un certain temps. Cela pourrait s’avérer être une très mauvaise chose pour certains. En l’absence des médias “sérieux”, ce sont les fake news qui vont avoir le champ libre sur la plateforme, et étant donné le contexte sanitaire dans lequel nous nous trouvons actuellement, cela pourrait s’avérer être aussi impactant que dangereux pour la population ainsi que pour le gouvernement australien qui deviendrait potentiellement la cible de ces fausses informations.