Alors que la majeure partie du monde ne bénéficie pas encore de la 5G, une nouvelle guerre géopolitique et technologique est d’ores et déjà lancée entre les États-Unis et la Chine. Le sujet tant convoité : la 6G. Les premiers pays à développer et à breveter des technologies 6G seront les grands gagnants de la prochaine révolution industrielle.

Comme la 5G, la 6G amènera sont lot de transformations

La 6G promet d’être 100 fois plus rapide que la 5G… Selon la plupart des experts, cette nouvelle génération pourrait contribuerait à développer tout un tas de technologies de l’ordre de la science-fiction comme des hologrammes, globaliser les taxis volants ou encore permettre le développement des interfaces cerveau-machine comme celles de Neuralink. La Chine et les États-Unis s’activent déjà pour prendre la place de grand leader sur le secteur. Une preuve de plus que la géopolitique alimente les rivalités technologiques, notamment entre ces deux pays.

Comme l’explique Peter Vetter, responsable de la technologie au sein du Bell Labs : « cette technologie est si importante qu’elle est devenue dans une certaine mesure une course à l’armement. Il faudra une armée de chercheurs pour être compétitif. Contrairement à la 5G, l’Amérique du Nord ne laissera pas la Chine prendre le leadership. Il est fort probable que la concurrence pour la 6G soit plus féroce que celle de la 5G ».

L’administration Trump a tout tenté pour handicaper les entreprises technologiques chinoises sur le développement de la 5G. Pourtant, cela n’a pas empêché la Chine de devenir un leader incontesté sur le marché de la 5G. En 2021, la Chine est la plus grande puissance mondiale dans le domaine. Les tentatives de l’ancien gouvernement pour écraser Huawei ont échoué. La stratégie sur l’agressivité des prix mise en place par l’entreprise chinoise a payé.

L’Europe pas encore sur la touche

Peut-être que la course à la 6G pourrait donner aux États-Unis l’occasion de regagner du terrain. Nul doute que les dirigeants de ces deux pays sont déjà en train d’élaborer leur plan pour attaquer ce gigantesque marché. En 2019 déjà, Trump disait vouloir développer la 6G « dès que possible ». De son côté, la Chine ne reste pas les bras croisés. Un premier satellite 6G a été placé en orbite par l’agence spatiale chinoise.

Avec ce lancement, la Chine espère pouvoir étudier le comportement de cette technologie depuis l’espace. Pour comprendre la puissance de la 6G, il faut la comparer avec la 5G. Les ondes millimétriques utilisées avec la 5G varient de 30 à 300 GHz. La 6G permettra d’atteindre des fréquences en térahertz, on parle alors d’onde submillimétrique. Elles ne mesurent plus que quelques nanomètres. Et comme pour la 5G, Huawei pourrait une fois de plus être au centre de cette bataille technologique.

L’Europe aussi veut sa part du gâteau. Le projet Hexa-X dirigé par Nokia a été lancé en fin d’année 2020. L’objectif est clairement de poser des éléments de pré-standardisation et mener de premiers travaux de recherche sur la 6G. Les membres de ce consortium viennent de différents secteurs. On retrouve notamment Orange, des fournisseurs de technologies, mais aussi des instituts européens de recherche en communication dont l’Université Carlos III de Madrid. Une collaboration « cross-industries » qui doit permettre la mutualisation des compétences.