Le tribunal de la propriété intellectuelle de Pékin a autorisé dimanche la procédure judiciaire menée par ByteDance, la société mère de TikTok, contre Tencent pour des pratiques monopolistiques présumées, a confirmé un représentant de ByteDance à TechCrunch. Une décision qui pourrait devenir un cas "historique" en Chine, dans une période où les autorités intensifient leurs mesures antitrust. La société demande 90 millions de yuans (14 millions de dollars) en compensation.

ByteDance affirme que Tencent restreint volontairement l'accès au contenu de Douyin (la version locale de TikTok), en interdisant à ses utilisateurs de regarder ou de partager le contenu de l’application vidéo sur ses plateformes de messagerie WeChat et QQ. Elle abuserait ainsi de sa position dominante sur le marché. Tencent, quant à elle, se défend en affirmant que sa rivale utilise des méthodes illégales et anticoncurrentielles pour accéder aux données des utilisateurs de WeChat. Cela fait déjà 3 ans que les deux sociétés se disputent, mais ce procès prend une toute nouvelle tournure aujourd'hui.

En effet, le week-end dernier, les régulateurs du marché chinois ont dévoilé la version finale des mesures anticoncurrentielles visant à « prévenir et arrêter le comportement monopolistique des plateformes en ligne et à garantir la concurrence loyale ». Ces mesures montrent ainsi la volonté du gouvernement chinois à freiner les comportements monopolistiques sur l'internet chinois après deux décennies de réglementation relativement laxiste. Au cours des derniers mois, la SAMR (State Administration for Market Regulation) a resserré son emprise sur les entreprises technologiques du pays. Elle a infligé des amendes à Tencent et Alibaba pour des acquisitions non approuvées en décembre dernier, et a récemment introduit de nouvelles règles pour contrôler les deux plus grandes plateformes de paiement chinoises, WeChat Pay et Alipay, soutenue par Ant Group.

Bien que ces 14 millions de dollars soient une goutte d’eau dans le chiffre d’affaires des deux géants, il est probable que le gouvernement chinois puisse se saisir de cette affaire pour faire passer un message aux autres sociétés technologies chinoises, accusées de mettre un frein à l’innovation en profitant de leur situation monopolistique.