Comme si nous en avions besoin, voici une nouvelle preuve que les réseaux sociaux sont des outils indispensables à la liberté d'expression. Selon The Verge, les forces armée du Myanmar ont renversé le gouvernement et ont ordonné aux fournisseurs d'accès à Internet de bloquer Twitter, Instagram et Facebook dans le pays.

Au Myanmar, les militaires ordonnent le blocage des réseaux sociaux

L'armée de ce pays d'Asie du Sud-Est détient actuellement le chef du gouvernement Aung San Suu Kyi ainsi que la plupart des responsables gouvernementaux du pays. Les militaires ont pris le pouvoir depuis quelques jours et des protestations éclatent ici et là, notamment sur les réseaux sociaux. Les habitants du Myanmar tentent de montrer leur mécontentement face à ce coup d'État sur les réseaux sociaux. Ils protestent en partageant des photos d'eux-mêmes en train de saluer avec trois doigts, un nouveau symbole devenu le signe de la résistance.

Telenor, une société de télécommunications norvégienne, a affirmé avoir reçu des directives de la part du gouvernement du Myanmar. Selon l'entreprise scandinave : "tous les opérateurs de téléphonie mobile, les passerelles internationales et les fournisseurs d'accès à Internet au Myanmar ont reçu une directive le 5 février 2021, de la part du ministère des transports et des communications du Myanmar pour, jusqu'à nouvel ordre, bloquer les plateformes de médias sociaux Twitter, Instagram et Facebook".

La liberté d'expression est menacée partout à travers le monde

En 2019, Facebook avait pris la décision de réguler Messenger au Myanmar afin de restreindre la propagation d’un discours haineux envers la communauté des Rohingya. Le pays réclamait une prise de conscience de la part du réseau social, ainsi qu’une réaction rapide et efficace. Des restrictions à l'époque appliquées dans d'autres pays d'Asie du Sud-Est comme les Philippines, l'Indonésie, ou encore l'Inde.

Le 2 février 2021, le ministère de l'information du Myanmar a publié une déclaration inquiétante, le lendemain de la prise du pouvoir par l'armée. Dans cette annonce, le gouvernement ordonnait à la population de ne pas répandre de rumeurs sur les réseaux sociaux. Voici les mots employés par les forces armées qui sont à la manœuvre : "certains médias et le public répandent des rumeurs sur les médias sociaux en organisant des rassemblements pour inciter à l'agitation et en publiant des déclarations qui peuvent provoquer des troubles".

Selon Rafael Frankel, directeur de la politique publique de Facebook dans les pays émergents, le réseau social est extrêmement préoccupée par les ordres de fermeture. Facebook a même demandé aux opérateurs de débloquer l'accès à ses plateformes immédiatement. Selon lui : "le peuple du Myanmar a besoin d'accéder à des informations importantes et de pouvoir communiquer avec ses proches pendant ce moment critique".

Twitter est sur la même longueur d'onde que Facebook. Un porte-parole a déclaré que : "cet ordre de blocage sape la conversation publique et le droit des gens à faire entendre leur voix. Le web libre est de plus en plus menacé dans le monde entier. Nous continuerons à plaider pour mettre fin aux fermetures destructrices menées par les gouvernements".