ByteDance ne compte pas se laisser faire. Ce mardi 2 février 2021, la maison-mère de TikTok a porté plainte contre le géant chinois Tencent, qu'elle accuse de violer les lois antitrust de Chine. En cause, les applications WeChat et QQ qui empêchent les utilisateurs d'accéder aux contenus de Douyin (la version chinoise de TikTok), rapporte Bloomberg.

Tencent et ByteDance, une rivalité portée devant les tribunaux

Tencent et ByteDance sont parmi les entreprises chinoises les plus en vue du moment. La première possède les applications WeChat, Kuaishou, QQ, et est considérée comme un mastodonte dans les domaines des jeux vidéo, de la musique, et des technologies d'avenir. La seconde est en plein essor : championne des investissements en 2020, elle a généré 27 milliards de dollars de revenus publicitaires cette même année. Elle poursuit des ambitions dans des domaines aussi vastes que variés, tels que les services de santé, les livres audio, ou encore la musique et les jeux mobiles.

De par les secteurs communs dans lesquels elles évoluent, ByteDance et Tencent sont des rivales historiques. Une concurrence qui ne se manifestait jusque-là qu'au travers de stratégies d'entreprise et de déclarations tonitruantes, mais qui vient de prendre un tout nouveau tournant puisqu'elle sera bientôt portée devant les tribunaux.

En effet, la maison-mère de TikTok a décidé de prendre les armes en portant plainte contre la propriétaire de WeChat et de QQ. Ce sont d'ailleurs ces deux applications qui sont à l'origine du litige. Toutes deux empêchent leurs utilisateurs d'accéder aux contenus de Douyin (la version chinoise de TikTok) au travers de leurs plateformes, ce que ByteDance juge comme étant une pratique anticoncurrentielle. Un porte-parole de l'entreprise a ainsi expliqué : "Nous pensons que la concurrence est bénéfique pour les consommateurs et qu'elle favorise l'innovation. Nous avons intenté ce procès pour protéger nos droits, et ceux de nos utilisateurs".

Ce à quoi Tencent a répondu en affirmant proposer à ses utilisateurs des services et des produits basés sur des principes de concurrence loyale, avant d'ajouter que les accusations de ByteDance étaient fausses et malveillantes. Le géant chinois précise par ailleurs ne pas avoir reçu de documents relatifs à ces poursuites judiciaires.

Pékin mène une chasse contre les pratiques anticoncurrentielles

Cette plainte intervient seulement quelques mois après que Pékin ait dévoilé une nouvelle réglementation visant à éradiquer les comportements monopolistiques de ses grandes entreprises technologiques. Plus décidé que jamais, l'Empire du Milieu compte bien reprendre le pouvoir sur les Big Tech chinoises qui étendent leurs activités à vitesse grand V à travers le monde. Baidu, Alibaba, Tencent, ByteDance ou encore Ant Group sont notamment visées.

Presque toutes d'ailleurs, ont déjà fait les frais de la reprise de pouvoir du gouvernement chinois. Des amendes ont été infligées à Tencent et Alibaba, une nouvelle enquête antitrust a été ouverte à l'encontre de cette dernière, et Ant Group a vu ses introductions en Bourse être suspendues à la dernière minute. Pour ne pas connaître le même sort, JD.com a d'ailleurs pris la décision de restructurer sa branche financière pour se conformer aux réglementations antitrust.

Le moins que l'on puisse dire, c'est que la fin de 2020 aura été particulièrement difficile pour les grandes entreprises chinoises, et ça risque d'être encore pire en 2021 puisque la Chine a promis de faire une priorité de l'application de ses réglementations antitrust cette année. Dans ce contexte, on peut imaginer que les tribunaux ne se montreront pas tendres avec Tencent dans cette affaire qui l'oppose à ByteDance...