En 2020, les investissements de Facebook et Amazon en termes de lobbyisme, au niveau fédéral, ont largement augmenté. D’après le Wall Street Journal, pour la deuxième année consécutive, ces investissements devancent ceux de toutes les autres entreprises, dont AT&T, et Boeing.

Alors que Facebook fait l’objet d’une enquête antitrust, en 2020, le réseau social a dépensé 20 millions de dollars en lobbyisme, soit une hausse de 18% par rapport à 2019. « Nous avons été clair sur le fait qu’internet nécessite la révision des légalisations, et c’est pourquoi nous continuerons à soutenir les nouvelles lois qui répondent aux réalités actuelles d’internet », explique un porte-parole de Facebook.

Tout comme le réseau social, Amazon est aussi entendu par le Congrès dans le cadre d’un procès antitrust. De manière assez similaire, les activités de lobbyisme du géant du ecommerce ont augmenté de 11% en 2020, pour un total de 18 millions de dollars. « Amazon fournit une large variété de produits et de services à ses clients, et nous sommes toujours à la recherche de moyens d’innover en leur nom. Notre équipe à Washington s’assure que nous défendons les intérêts des décideurs politiques, de nos employés et de nos clients », certifie le porte-parole d’Amazon.

Du côté d’Apple et de Google la tendance est à l’inverse. En 2020, Google a dépensé 7,5 millions de dollars en lobbyisme. Apple a atteint son record en termes d’investissements en lobbyisme en 2019, avec 7,4 millions d’investissements. Néanmoins, en 2020, ce poste de dépense a été réduit à 6,7 millions de dollars. Apple et Google ont tous deux refusé de commenter ces dépenses au Wall Street Journal.

Parmi les autres entreprises de la tech, Microsoft a consacré 9,4 millions de dollars au lobbyisme, Oracle en a dépensé environ 8,1 millions, ByteDance 2,6 millions, et Twitter en a dépensé 1,5 million.

Les géants de la tech embauchent des anciens de la Federal Trade Commission

Le lobbyisme n’est pas la seule activité dont peuvent user les entreprises pour limiter les répercussions d’un cadre juridique jugé trop sévère. Ainsi, Google investit dans près de 200 associations, qui en retour apportent parfois un soutien. Le Connected Commerce Council, une association financée par Google, a largement réprimé l’enquête antitrust lancée à l’encontre du moteur de recherche. Avant que des informations soient rendues publiques, le Connected Commerce Council a envoyé un communiqué aux journalistes pour dénoncer l’action.

De son côté, Facebook soutient l’American Edge Project, une association qui promeut l’innovation technologique. Par ailleurs, l’année dernière, Facebook a embauché Barbara Blank, une ancienne de la Federal Trade Commission (FTC), l’organisme chargé des enquêtes antitrust. Amazon et Apple recrutent également des anciens de la FTC.

De nombreuses questions se trouvent régulièrement sous le feu des projecteurs dans le monde de la tech : vie privée, lutte contre la désinformation, responsabilité des réseaux sociaux sur les contenus qui transitent sur leurs plateformes, pratiques anticoncurrentielles… Alors que le rôle des réseaux sociaux dans la prise du Capitole interroge, les activités des géants de la tech sont de plus en plus scrutées.