Le géant taïwanais TSMC, fondeur indépendant numéro un sur le marché du semi-conducteur, et fournisseur entre autres d’Apple (pour les puces A14 des iPhone et iPad), mais aussi d’AMD (pour les processeurs Ryzen et les cartes graphiques Radeon), a annoncé en fin de semaine dernière qu’il lèverait entre 25 et 28 milliards de dollars en 2021. Cette somme sera investie dans la recherche et développement du groupe, afin de permettre notamment la mise au point de nouvelles techniques de gravure sur silicium, pour les prochaines générations de processeurs. Elle servira également à accroitre les capacités de production déjà généreuses de TSMC, qui accepte depuis peu les commandes d’Intel, et ce en plus de celles passées par ses autres clients.

TSMC mise sur une reprise économique

Cette annonce intervient alors que le groupe devrait signer un bilan flatteur, marqué par une augmentation des revenus qui pourrait atteindre les 47% par rapport à l’année dernière, note TexasNewsToday. « C’est un indicateur de ce qu’ils pensent de la reprise économique et de leur confiance dans la croissance à long terme », commente pour sa part Brett Simpson, analyste pour Arete Research. Il faut dire que TSMC devrait aussi signer un revenu net en hausse de 23% par rapport à l’an dernier d’après les estimation du cabinet new-yorkais S & P Global.

Les investissements de TSMC auront entre autres pour but d’appuyer des projets déjà en cours. Le groupe a par exemple annoncé l’année dernière l’ouverture d’une nouvelle usine sur le sol américain, dans l’Arizona, pour un montant de 12 milliards de dollars. Parallèlement, le groupe cherche aussi à étendre la capacité de production de son site de Nanjing, dans l’est de la Chine, et ce même si les commandes de clients chinois ne sont plus aussi importantes que par le passé. Au quatrième trimestre 2020, les commandes chinoises représentaient ainsi seulement 6% des revenus de TSMC, contre 22% un trimestre plus tôt. Il s’agit là d’un des effets les plus directs des pressions américaines sur le géant taïwanais, qui a été contraint de tourner le dos à HiSilicon (filiale de Huawei en charge de la conception des puces Kirin), l’un de ses principaux clients.