Nous savons depuis quelques semaines qu’un accord secret aurait été passé entre Facebook et Google en 2018. Ce dernier, baptisé « Jedi Blue », concerne les enchères publicitaires proposées par la firme de Mountain View à Facebook. Un accord illégal qui aurait permis à ces deux mastodontes du web d’asseoir leur monopole au sein de l’industrie de la publicité en ligne. Dans un rapport intitulé « Behind a Secret Deal between Facebook and Google », le New York Times dévoile des documents obtenus auprès de la Justice américaine, dans le cadre de la procédure en cours au Texas.

Facebook aurait clairement été avantagé par le contrat « Jedi Blue »

On peut lire dans le New York Times que : « le contrat « Jedi Blue » aurait permis à Facebook d’être avantagé dans le domaine de la publicité en ligne. Les conditions offertes par Google à Facebook donnaient au géant des réseaux sociaux des avantages sans précédent. Facebook a eu plus de temps pour faire des offres sur la plupart des enchères et Google a fourni des informations confidentielles à Facebook sur les audiences. Dans le cadre de cet accord illégal Facebook avait promis de se positionner sur au moins 90% des enchères dès lors qu’il pourrait identifier l’audience ».

Facebook aurait donc dépensé au moins 500 millions de dollars par an dans le cadre de l’accord « Jedi Blue ». Selon le New York Times, les autres partenaires publicitaires de Google n’auraient jamais pu faire une aussi bonne affaire. La firme de Mountain View a don délibérément favorisé le géant des réseaux sociaux en lui garantissant un nombre déterminé de gains publicitaires. Il y a donc concurrence déloyale selon le journal américain. Pour l’instant, les deux géants du web rejettent cette théorie et affirment que le contrat « Jedi Blue » n’était pas anticoncurrentiel.

Les deux géants avaient anticipé une potentielle enquête antitrust

Selon un porte-parole de Facebook : « cet accord avec Google permettait justement d’accroître la concurrence dans les enchères publicitaires ». De son côté, Google affirme que : « le procès du Texas déforme l’accord ainsi que d’autres aspects de notre activité publicitaire ». Nous savons pourtant d’après un papier datant du 29 décembre publié par le Wall Street Journal que les frais de transaction que devait Facebook à Google étaient de 5 à 10%, alors qu’ils tournent plutôt autour des 20% pour les autres annonceurs.

Le New York Times affirme également que : « une clause de l’accord « Blue Jedi » exigeait que les deux géants coopèrent et se prêtent mutuellement assistance en cas d’enquête sur leurs pratiques. On peut également constater que l’accord mentionnait le terme antitrust au moins 20 fois« . Il n’est donc pas surprenant de voir que le Texas, et le Département de la Justice des États-Unis se servent du contrat « Jedi Blue » pour justifier une action contre Facebook et Google. Et ce, même si Facebook et Google pensent être dans leur bon droit…

Ken Paxton, le procureur général du Texas a plutôt bien résumé la situation en une seule phrase. Il affirme que : « si le marché était une partie de baseball, Google serait à la fois le lanceur, le batteur et l’arbitre… ». Comme la manipulation d’enchères est illégale aux États-Unis, le procès pourrait être expéditif. Attendons de voir si les lignes de défense de Facebook et de Google évoluent.