Cisco a décidé officiellement de cesser ses efforts dans le domaine des smart cities. En pleine pandémie mondiale, les villes n’ont plus les moyens de financer leurs projets tandis que de son côté, Cisco est en pleine restructuration. En mai, Google avait déjà fait ce choix en lâchant sa filiale Sidewalk Labs. Elle travaillait sur un quartier intelligent "vitrine" à Toronto.

Cisco et les smart cities, une histoire ancienne

Un porte-parole de Cisco a officialisé la rupture de l’entreprise spécialisée dans les équipements réseau avec les smart cities dans une déclaration au Wall Street Journal, « Nous avons récemment décidé d'arrêter les ventes et de soutenir la ligne de produits Cisco Kinetic for City afin d'adapter nos investissements aux besoins du marché et aux exigences des clients ». Cisco Kinetic for City étant justement la filiale de Cisco qui travaillait dans ce domaine.

Les smart cities c’est pourtant la promesse d’un paysage urbain futuriste, remodelé par la technologie : transport, administrations, infrastructures publiques, réseaux, le tout connecté dans un écosystème d’objets et de services. Le terme a été popularisé en 2005 par l’ancien président américain Bill Clinton, qui l’avait lancé comme un défi pour façonner des villes plus durables… à John Chambers, PDG de Cisco à l’époque.

Chuck Robbins qui a pris sa succession en 2015 y a vu un nouveau marché prometteur, lui qui souhaitait justement tourner Cisco vers la vente de services logiciels. En 2016 l’entreprise rachète Jasper Technologies pour 1,4 milliards de dollars pour renforcer son expertise dans l’internet des objets, intimement lié aux smart cities. L’année suivante Cisco Kinetic for Cities est lancée avec, dans la foulée l’annonce d’un programme d’un milliard de dollars pour aider les villes à adopter des technologies pour transformer leurs quartiers.

La pandémie est venue tout bouleverser. Selon un ancien cadre de Cisco, le marché des smart cities était déjà incertain entre des retours sur investissements difficiles à quantifier et des technologies disparates à faire fonctionner ensemble. La crise sanitaire n’a pas arrangé les choses en creusant des trous dans les budgets des villes. Selon une estimation de la National League of Cities, qui regroupe un grand nombre de villes américaines, 65% d’entre elles ont retardé ou annulé des projets d’infrastructure.

Un abandon en pleine restructuration

Contrairement à Google, qui a consacré tous ses efforts à un quartier intelligent servant de vitrine, à Toronto, pour 1 milliard de dollars, Cisco a fait le choix de divers partenariats avec des villes de différents pays. L’entreprise a déjà annoncé qu’elle ne les abandonnerait pas, en travaillant avec elles sur la connectivité et la sécurité de leurs réseaux.

C’est justement autour de ce secteur que Cisco souhaite se recentrer. L’entreprise qui a publié des résultats fiscaux qui ont déçu Wall Street, à décider de se concentrer sur les services de sécurités particulièrement sollicités en cette période de télétravail massif. Chuck Robbins a annoncé une restructuration de l’entreprise dans le but de réduire ses dépenses de 1 milliard de dollars avec réduction du personnel, pour s’adapter à la demande de ses clients. Dans le domaine des smart cities, Cisco a promis qu’elle continuera à soutenir les entreprises proposant des technologies urbaines innovantes.