À partir du 11 janvier 2021, les bourses américaines banniront les entreprises qui, selon le gouvernement américain, travaillent avec l’armée et les services de renseignements chinois. Pour appliquer cette nouvelle mesure, qui intervient à la suite d’un décret signé par Donald Trump en novembre 2020, les actionnaires américains ont jusqu’à novembre 2021 pour se séparer de leurs participations.

La Bourse de New York (NYSE) va retirer de sa liste 35 entreprises chinoises, dont les principaux opérateurs de télécommunications : China Mobile, China Telecom, et China Unicom Hong Kong. Sont également concernées des entreprises du secteur de la surveillance, de l’aérospatiale, de la construction navale, de la construction, de la technologie, ainsi que la principale entreprise de production microprocesseurs.

Le mois dernier, certains indices boursiers, notamment le Dow Jones, retiraient les titres des entreprises concernées, mais en omettant celles émises par des filiales, ou autres sociétés affiliées. Ainsi, le Trésor des États-Unis a récemment déclaré qu’il ajouterait les filiales détenues, ou contrôlées, majoritairement par une des entreprises de la liste. La branche qui gère les sanctions économiques du Trésor a également déclaré que l’interdiction couvrait les produits dérivés, les certificats de dépôt, les fonds indiciels et les fonds communs de placement.

Des restrictions dites de « politique » et à l’impact « limité »

Côté chinois, d’après Reuters pour le South China Morning Post, des diplomates ont « exprimé l’espoir que l’élection de Joe Biden contribuera à apaiser les tensions entre les deux pays ». Par ailleurs, la commission réglementaire des titres boursiers dénonce cette décision qui, selon son site internet, « ignore complètement la situation réelle des entreprises ainsi que les droits et intérêts légitimes des investisseurs mondiaux et porte gravement atteinte aux règles et à l’ordre normaux du marché ».

Le dimanche 3 janvier, lors d’une réunion, de hauts responsables de la commission ont qualifié ces restrictions de « politique » en indiquant que leur impact sera « limité ». En effet, il reste à ces entreprises les bourses chinoises, ainsi que leur marché national, qui compte des centaines de millions de clients, et où les investissements sont soutenus par Pékin, qui fait de la 5G une priorité nationale. Selon Wall Street Journal, Alibaba et JD.com ont obtenu des inscriptions secondaires à la bourse de Hong Kong.

Depuis la cotation au NYSE de China Mobile, la plus importante des trois entreprises de télécommunications, les actions américaines ont rapporté 648% selon les chiffres du Dow Jones. Néanmoins, l’année 2020 n’a pas été fructueuse, la valeur de China Mobile a chuté de 29%, celle de China Telecom a subi une baisse de 30%, et cela va jusqu’à 39% pour China Unicom.