C’était une volonté du gouvernement japonais : amorcer une transition qui doit permettre aux entreprises japonaises de réduire leur dépendance aux usines chinoises. Aujourd’hui, selon une récente étude de Kyodo News relayée par le South China Morning Post, 42% des entreprises technologiques japonaises ont entamé cette transition et prévoient ou font déjà fabriquer leurs produits en dehors de la Chine.

Le réveil du Japon ?

Parmi ces entreprises, une grande partie sont reconnues par le gouvernement comme « possédant des technologies sensibles liées à la sécurité ». 40% de ces entreprises technologiques japonaises ont déjà déplacé leurs usines de fabrication et leurs sources d’approvisionnement en pièces détachées en dehors de la Chine. Une politique amorcée par le gouvernement japonais avec une subvention de 470 millions d’euros débloquée dans le courant de l’été 2020.

Cette décision a été motivée par plusieurs raisons. Si l’idée est évidemment pour les entreprises technologiques japonaises de réduire leur dépendance à l’égard de la Chine, l’objectif est également d’atténuer les risques en matière de sécurité et de faire face à la concurrence croissante entre les États-Unis et la Chine, pour éviter une suprématie totale. Le gouvernement japonais tire également les conclusions de la crise du coronavirus et souhaite éviter une pénurie de matériel médical.

En réalité, cette idée n’est pas nouvelle au Japon. En mars, le Premier ministre Shinzo Abe déclarait que : « le Japon doit tout faire pour ramener des usines de production chez lui ou au pire, diversifier sa production dans d’autres pays pour ne pas dépendre uniquement de la Chine ». En 2019, Nintendo affirmait déjà sa volonté de délocaliser la production de ses produits vers le Vietnam.

42% des entreprises technologiques japonaises ont entamé une transition

Selon l’enquête de Kyodo News réalisée sur un panel de 96 entreprises technologiques japonaises : 42% d’entre elles ont déclaré avoir déjà quitté la Chine ou être sur le point de le faire. Les grandes entreprises japonaises veulent diversifier leurs chaînes d’approvisionnement en s’installant en Inde ou dans certains pays d’Asie du Sud-Est, comme le Vietnam ou l’Indonésie. Parmi les entreprises interrogées, nous retrouvons Canon, Toyota, NEC, ou encore Mitsubishi.

À côté de ce grand changement logistique, 59% des entreprises interrogées ont déclaré avoir mis en place des règles strictes pour faire respecter les droits de l’Homme au sein de leurs usines. Ce n’était pas toujours le cas en Chine… Désormais, de nouvelles normes permettront de déterminer si un produit a été fabriqué dans des conditions de travail forcé ou non. Une décision importante, surtout depuis que l’on sait que des multinationales auraient passé des accords avec des usines chinoises soupçonnées d’imposer du travail forcé aux Ouïghours. L’un des principaux fournisseurs d’Apple en Chine serait concerné.