Selon le South China Morning Post, Pékin et les médias officiels chinois tentent de minimiser l’impact de l’enquête antitrust qui vise actuellement Alibaba. Alors qu’aux États-Unis, les actions du géant chinois ont chuté de 13% et de 8% à Hong Kong après l’annonce par les régulateurs chinois d’une enquête, on peut lire dans le Quotidien du peuple, le journal officiel du Parti communiste chinois, que : « cette enquête antitrust n’entraînera pas de coup dur pour l’industrie technologique mais plutôt un nouveau départ, plus sain ».

Pékin change de cap et tente de le minimiser

Dans les articles officiels publiés par les différents organes du Parti communiste chinois, on comprend que Pékin n’a pas l’intention de nuire aux grandes plateformes technologiques, bien qu’il ait décidé de freiner leur expansion.

Hu Xijin, le rédacteur en chef du journal nationaliste pro-pékin, le Global Times, affirme que : « l’enquête antitrust qui vise Alibaba ne doit pas être considérée comme une action politique. Le marché se plaint depuis longtemps de la pratique monopolistique de ce géant du commerce électronique. La Chine peut réussir à bien gérer cette situation, en rendant le développement futur de cette industrie plus sain ».


Jusqu’à l’annonce de cette enquête, Alibaba était au sommet de sa gloire. La plateforme comptait notamment 881 millions d’utilisateurs actifs par mois et des revenus qui atteignaient quasiment les 20 milliards d’euros au troisième trimestre de cette année. Un record absolu pour l’entreprise de Jack Ma.

Ce qui est difficile à comprendre, c’est que c’est justement Pékin qui a poussé les plateformes technologiques à se développer pour « contribuer de manière positive à satisfaire les demandes des consommateurs, à forger une nouvelle dynamique de croissance et à promouvoir un développement économique de qualité ».

Malgré cet élan insufflé depuis quelques années, le gouvernement décide vraisemblablement « d’ajuster ses priorités ». Son objectif semble aujourd’hui  être l’instauration d’un environnement commercial plus équitable pour permettre aux petites et moyennes entreprises de vivre à côté des géants technologiques.

Les régulateurs s’acharnent-t-ils sur Jack Ma ?

Quoi qu’il soit écrit dans les médias officiels chinois, la réalité est bien différente. Alibaba est visée par une enquête qui doit déterminer dans quelle mesure ses pratiques commerciales monopolistiques présumées, obligent les commerçants à distribuer leurs produits sur cette plateforme.

Parallèlement, Ant Group, une ancienne filiale d’Alibaba qui appartient toujours à Jack Ma, est sommée par la Chine de « revoir ses services financiers ». Ant Group détient notamment la célèbre plateforme AliPay, mastodonte de la fintech chinoise. Comparable au départ à une version chinoise de Paypal, AliPay a grandi et offre désormais de très nombreux services à ses 1 milliard de clients.

Pour la banque centrale chinoise, Ant Group fait preuve d’anti-compétitivité tout en refusant de se plier aux réglementations en place… Ces différentes situations font beaucoup de tort à Jack Ma. Longtemps érigé comme un modèle de réussite en Chine, il est aujourd’hui vivement critiqué par les médias officiels.