Rien ne va plus pour Ant Group. Suite à une réunion organisée avec la banque centrale chinoise ce samedi 26 décembre, il a été demandé au mastodonte de la fintech de « rectifier » les services de prêts, d’assurances et de gestion de patrimoine proposés par sa plateforme Alipay. Cela peut sembler mineur, mais c’est une grande partie des activités de la firme qui sont visées.

Depuis le début du mois de novembre, les autorités chinoises haussent le ton face à leurs géants technologiques dont les services interagissent quotidiennement dans la vie des Chinois, à l’image de Tencent ou de JD.com. Ces derniers doivent ainsi respecter de nouvelles réglementations mises en place par le gouvernement, et le secteur de la fintech en est la cible privilégiée. La plateforme Alipay, filiale d’Ant Group, est donc logiquement dans le collimateur, tant elle a pris de l’importance dans la finance chinoise ces dernières années.

Si à ses débuts, elle était comparable à une version chinoise de Paypal, elle offre désormais de très nombreux services à ses 1 milliard de clients, et notamment des microcrédits qui sont ensuite distribués à des petites banques. Selon la banque centrale chinoise toutefois, Ant Group fait preuve d’anti compétitivité tout en refusant de se plier aux réglementations en place. Cela est notamment dû aux déclarations controversées de Jack Ma, dirigeant du groupe connu pour ses critiques à l’encontre des régulations dans son pays. Suite à un nouvel écart, les autorités ont d’ailleurs suspendu l’introduction en bourse d’Ant Group à Shanghaï et à Hong Kong, pourtant annoncée comme la plus importante de l’Histoire.

Pour répondre à la demande de la banque centrale, l’entreprise va probablement devoir s’éloigner de ses activités de prêts pour revenir à ses origines, c’est-à-dire fournir des services de paiement en ligne uniquement. Si aucun démantèlement n’est encore évoqué, cela pourrait être un véritable coup dur pour Ant Group et sa manière de générer des revenus. Dans une déclaration, elle a affirmé qu’elle mettrait tout en œuvre pour répondre aux attentes du Parti communiste :

« Nous apprécions les conseils et l’aide des régulateurs financiers. La rectification est l’occasion pour Ant Group de renforcer les bases de la croissance de notre entreprise dans le respect total de la réglementation, et de continuer à se concentrer sur l’innovation pour le bien social et le service aux petites entreprises. Nous continuerons à développer la technologie afin d’améliorer en permanence l’efficacité et l’intégration des services financiers, de renforcer notre compétitivité mondiale et de contribuer au nouveau paradigme de développement de la « double circulation » dans les conditions préalables de servir l’économie réelle et de se conformer à la réglementation financière ».

Il y a peu, Ant Group déclarait déjà retirer certains de ses services financiers de sa plateforme. Ce revers majeur intervient quelques jours après que l’autre firme de Jack Ma, le géant du eCommerce Alibaba, ait été visée par une enquête antitrust pour comportement monopolistique.