Alors que Donald Trump vit ses dernières heures à la tête des États-Unis, le président américain déchu fait tout pour tendre les relations entre Washington et Pékin. En effet, l'administration Trump vient de placer une dizaine d'entreprises chinoises sur liste noire dont SMIC (Semiconductor Manufacturing International Corporation), le plus grand fabricant de puces en Chine et DJI, un fabricant de drones. Une réponse à la récente suppression de TripAdvisor en Chine ?

SMIC et DJI sont désormais sur liste noire

Selon le Département américain du commerce, la décision de placer SMIC sur liste noire est liée au comportement de Pékin qui a récemment décidé d'exploiter une technologie civile à des fins militaires. Le secrétaire d'État Wilbur Ross affirme également avoir que les États-Unis auraient des preuves d'une activité entre SMIC et des entreprises industrielles militaires chinoises "préoccupantes". Il va plus loin et précise que : "le ministère du commerce ne permettra pas que des technologies américaines puissent aider à renforcer l'armée d'un adversaire de plus en plus belligérant".

La société SMIC vient donc d'être placée sur liste noire aux côtés de DJI, un célèbre fabricant de drones chinois, de l'AGCU Scientech, de la China National Scientific Instruments and Materials et du groupe Kuang-Chi. Selon l'administration Trump, toutes ces entreprises auraient "permis des violations des droits de l'Homme à grande échelle". Le secrétaire d'État Mike Pompeo a ajouté que : "les États-Unis utiliseront toutes les mesures disponibles, y compris des actions visant à empêcher les entreprises et institutions chinoises d'exploiter les biens et technologies américains à des fins malveillantes".

Un dernier acharnement contre Pékin ?

De son côté, Pékin appelle les États-Unis à faire marche arrière. Le conseiller d'État chinois et ministre des Affaires Étrangères, Wang Yi, demande solennellement à Washington de mettre fin à cette "suppression arbitraire des entreprises chinoises". Un porte-parole du ministère des Affaires Étrangères a ajouté que : "nous demandons instamment aux États-Unis de cesser leur comportement d'oppression injustifiée sur les sociétés étrangères et notamment sur la Chine". En tout, 77 entreprises font partie de cette nouvelle liste noire, dont 60 sociétés chinoises.

L'année 2020 fût particulièrement tendue entre Washington et Pékin. Trump donne l'impression de vouloir compliquer la tâche à son successeur Joe Biden qui prendra officiellement la présidence des États-Unis le 20 janvier. On se souvient notamment du conflit autour de l'application TikTok. Trump aura tout tenté pour faire interdire l'app détenue par ByteDance. Finalement, l'entreprise va pouvoir poursuivre ses négociations avec Oracle afin de finaliser une opération de rachat qui devrait permettre à TikTok de continuer d'exister aux États-Unis.