Est-ce réellement une nouvelle ? Cela fait quelque temps que le gouvernement du Royaume-Uni envisage de ralentir l’avancée de Huawei sur leur territoire pour développer son propre réseau de communication. Néanmoins, le gouvernement a décidé de stopper et de supprimer l’installation d’antennes Huawei dans le territoire dès septembre 2021.

Huawei est en mauvaise posture

Le constructeur chinois est dorénavant dans l’incapacité d’installer des antennes pour les réseaux 4G et 5G au Royaume-Uni. Huawei avait bataillé pendant de longues semaines pour garder les parts du marché 5G dans le territoire malgré ça. Cela n’a pas empêché le gouvernement de prendre une décision. Celle-ci intervient peu de temps après que l’Amérique ait mis la pression au Premier ministre du Royaume-Uni alors qu’il avait plafonné l’utilisation des réseaux de Huawei à 35%. Samsung a d’ailleurs stoppé toute collaboration depuis le 15 septembre avec Huawei afin de suivre les décisions prises par les États-Unis.

« Cela est un coup de massue pour la population qui possède des téléphones. Cela menace de faire passer la Grande-Bretagne sur une avancée beaucoup plus lente, d’augmenter les factures […]. », a déclaré Edward Brewster, porte-parole de Huawei UK dans un communiqué.

La Grande-Bretagne navigue seule

Le Royaume-Uni devra donc compter sur lui-même. Néanmoins, le gouvernement se penche aussi sur des constructeurs tels que Samsung, Ericsson, Nokia et NEC pour les accompagner dans cette transition. Les antennes de communication de Huawei seront supprimées en 2027. Cela va coûter au gouvernement près de deux milliards de livres, soit 2,235 milliards d’euros. D’ailleurs, la 5G sera automatiquement retardée de quelques mois.

En ce qui concerne Ericsson, le constructeur a déjà deux contrats avec BT, un opérateur très connu au Royaume-Uni qui fournit les divers réseaux téléphoniques 4G/5G. Cette collaboration permettra de propager la 5G à Londres, Édimbourg, Belfast et Cardiff dans les mois à venir. Nokia devrait quant à lui participer à la propagation de la 5G en Grande-Bretagne, toujours avec British Telecom. Ainsi, Ericsson aurait installé 37 % des antennes tandis que Nokia en posséderait 63 %. À la base, les constructeurs devaient se partager de moitié la part des antennes 5 G.

« Nous souhaitons le retrait complet des fournisseurs à haut risque de nos réseaux 5G équipé de la technologie Huawei. Nous identifierons les équipements de télécommunications qui constituent une menace pour notre sécurité nationale et les supprimerons. », a déclaré le secrétaire au numérique Oliver Dowden dans un communiqué.

Logo huawei sur un mur

Image : David Becker / Getty Images

Une somme débloquée par l’État afin de développer les technologies

Cela laisse le champ libre aux autres fournisseurs, ainsi ils pourront proposer de nouvelles technologies pour la population du Royaume-Uni. Cette annonce va permettre de créer de l’emploi et de travailler avec des fournisseurs qui sont moins à risque comme Huawei. Des technologies anglaises pourraient même voir le jour dans quelque temps grâce aux 278 millions d’euros débloqués par le gouvernement. Un moyen pour la Grande-Bretagne de gagner en indépendance. Cette action du gouvernement est notamment applaudie par Scott Petty (Vodafone) et Hamish MacLeod (Mobile UK).

« Les ingénieurs du Royaume-Uni pourront ainsi développer le futur système de communication du pays. Cela permettra de favoriser l’innovation et de créer plus d’emplois », a déclaré MacLeod dans un communiqué.

De son côté, Scott Petty a déclaré que les petites comme les moyennes entreprises de la Grande-Bretagne pourront ainsi se développer afin d’apporter un réseau sécurisé et dernier cri au pays.

Des sanctions contre le géant Huawei

Si les télécoms ne respectent pas les requêtes du gouvernement, ils pourraient recevoir une amende de 112 000 € par jour ou 10 % de leur chiffre d’affaires. Le géant s’inquiète sur l’économie du Royaume-Uni soulignant que la COVID-19 a laissé beaucoup de marques pour le pays. Cette collaboration aurait permis de renflouer les caisses, mais le gouvernement en a décidé autrement. D’ailleurs, la Suède a également interdit Huawei de son territoire et prévoit de se débarrasser de leurs technologies d’ici 2025.