C’est officiel : si la date du 18 novembre avait été préalablement annoncée, Orange déploiera finalement sa 5G le 3 décembre 2020 dans 15 villes françaises dont Nice, Marseille, Clermont-Ferrand, Angers, Toulouse, Pau ou encore Le Mans, soit 10% de la population du pays.

Quatre fois plus rapide que la 4G

Le PDG d’Orange, Stéphane Richard, a affirmé que le réseau serait étendu à plus de 160 communes d’ici la fin de l’année. Il permettra des débits « jusqu’à 3 à 4 fois plus rapides que la 4G » grâce à un spectre important sur la bande de fréquences 3,5 GHz. À terme, la 5G devrait être 10 fois plus rapide que la 4G.

Au total, les opérateurs français ont dépensé 2,78 milliards d’euros lors des enchères permettant d’acquérir les fréquences 5G. Orange est la firme qui a obtenu le plus de fréquences devant SFR, puis Bouygues Telecom et Free. Bouygues Telecom a d’ailleurs commercialisé ses forfaits 5G le 1er décembre, tandis que SFR a d’ores et déjà lancé le réseau à Nice.

Les obstacles s’accumulent

Pour l’instant, la 5G d’Orange ne couvrira pas Paris. La capitale a en effet engagé une concertation citoyenne à propos du réseau, et les résultats devraient être rendus au début du mois de décembre. « Il n’y aura pas de déploiement de nouvelles antennes 5G Orange, tant que cette démarche n’est pas achevée », a précisé Stéphane Richard.

Dans d’autres villes, dirigées par des maires écologistes ou de gauche notamment, des moratoires sont en cours. C’est notamment le cas à Grenoble et à Lille, où les résultats d’un rapport mené par l’Agence nationale de sécurité sanitaire (Anses) est attendu pour 2021. Pour l’heure, aucune étude n’a démontré des effets néfastes de la 5G sur la santé ou l’environnement. Le maire écologiste de Bordeaux a, de son côté, déclaré au mois d’août dernier vouloir ralentir le rythme quant au lancement de la 5G.

« Le déploiement se fera de manière progressive et dans un dialogue constructif avec l’ensemble des collectivités locales, en parallèle de nos efforts pour élargir la couverture du territoire français en 4G », a précisé le PDG d’Orange. Cela va dans le sens du régulateur des télécoms, qui avait conseillé aux opérateurs de ne pas insister dans les villes réticentes.

Par ailleurs, le déploiement de la 5G devrait rencontrer d’autres difficultés : l’aviation civile s’oppose en effet aux antennes à proximité des aéroports, notamment à cause du risque d’interférences avec les radioaltimètres, instruments permettant aux aéronefs de connaître leur hauteur par rapport au sol.