L’équivalent de 5 millions d’euros s’ajoute à la liste des amendes dirigées contre Facebook, cette fois-ci de la part de la Corée du Sud. Déjà à l’été 2019, l’agence américaine de protection des consommateurs, le Consumer Financial Protection Bureau, avait infligé l’amende record de 5 milliards de dollars à la plateforme pour ne pas avoir su protéger les données personnelles de ses utilisateurs.

Conséquence directe du scandale de Cambridge Analytica -où les données de millions d’utilisateurs avaient été utilisées à des fins électorales- cette décision historique avait eu pour effet l’augmentation de l’action de Facebook. Un autre effet avait alors été pointé par le responsable de la confidentialité chez Facebook, Michel Protti : le changement dans la culture de l’entreprise.

Un changement questionnable, puisque le réseau social vient d’être condamné pour les mêmes motifs. L’enquête avait été ouverte en 2018 par la Commission coréenne des communications, puis s’était vue confiée à la Commission pour la protection des informations personnelles. Une enquête qui, selon Yonhap News, a permis de déterminer le partage de données personnelles de 3,3 millions d’utilisateurs sud-coréens avec des entreprises privées, sans consentement, de mai 2012 à juin 2018.

Ce sont les noms, adresses, dates de naissance, expériences professionnelles, villes natales et relations qui se sont ainsi trouvés objet de commerce entre Facebook et le secteur privé. Comment ? Grâce à tous les services d’opérateurs extérieurs qu’héberge Facebook sur sa plateforme, et qui d’après l’enquête se verraient fournir toutes ces données lorsqu’un membre les utilise. La Commission a estimé à 10 000 le nombre d’entreprises qui pourraient être concernées.

Cette poursuite, pour la Corée du Sud, n’est pas une première du genre. L’amende, en revanche, fait l’Histoire. En 2018, la même Commission coréenne des communications ayant initié l’enquête de 2019, avait condamné la société américaine à une amende de 396 millions de won pour avoir ralenti les connexions des utilisateurs en 2016 et 2017, amende qui avait fini par être annulée, sous la bataille de Facebook.

La Corée du Sud en elle-même n’est pas un cas isolé, dans ses enquêtes et conclusions sur le conglomérat de Mark Zuckerberg. Dans certains pays, le numéro un des réseaux sociaux fait même encore face aux retombées du scandale de Cambridge Analytica. En mars, par exemple, le gendarme australien de la vie privée (OAIC pour Office of the Australian Information Commissioner) a engagé une procédure contre Facebook devant la Cour fédérale nationale, justifié par l’allégation du partage des données personnelles de plus de 300 000 citoyens australiens avec Cambridge Analytica, sans accord des utilisateurs.

Les condamnations et initiatives contre Facebook se multiplient ainsi, soulignant les agissements douteux de la plateforme en matière de sécurité des données, tout autant que la nécessité de sa réforme.