En cette journée commerciale connue sous le nom de Black Friday, les salariés de la multinationale américaine Amazon prévoient de faire grève et de manifester dans 15 pays, dont les États-Unis, le Mexique, l’Espagne, l’Inde, l’Australie, mais aussi la France. Ils militent pour de meilleures conditions de travail, le rétablissement des primes liées à la pandémie, une augmentation du salaire pendant les forts pics d’activités. D’autres demandes sont également à l’ordre du jour : le zéro carbone d’ici 2030, au lieu de 2040 prévue par Amazon, et une totale transparence sur la confidentialité et l’utilisation des données. Ils réclament, en outre, que la société cesse d’espionner ses travailleurs et organisations syndicales, et d’arrêter de contourner les lois fiscales.

Ces manifestations arrivent juste après la publication d’un rapport Motherboard révélant la surveillance accrue, presque obsessionnelle par Amazon sur ses employés, syndicats et mouvements environnementaux et sociaux.

En effet, dans une déclaration de MakeAmazonPay signée par 39 organisations et envoyée à l’entreprise, les employés affirment que « pendant la pandémie de Covid-19, Amazon est devenue une entreprise de mille milliards de dollars, Jeff Bezos devenant la première personne de l’histoire à amasser 200 milliards de dollars de richesse personnelle. Pendant ce temps, les travailleurs des entrepôts d’Amazon ont risqué leur vie en tant que travailleurs essentiels, et n’ont reçu qu’une brève augmentation de salaire ».

« Comme toutes les grandes entreprises, le succès d’Amazon serait impossible sans les institutions publiques que les citoyens ont construites ensemble au fil des générations », poursuit la déclaration. « Mais au lieu de redonner aux sociétés qui l’ont aidée à se développer, la société les prive de recettes fiscales en battant les efforts d’évasion fiscale de son monde. »

La colère des salariés n’épargne aucun continent. En effet, des employés des centres d’appels aux Philippines, mais aussi des fabricants de vêtements au Bangladesh ont compté faire entendre leur colère, aussi à cause du nombre grandissant de blessés liés à une charge de travail trop abondante. À cet effet, une manifestation est à l’ordre du jour devant le siège social de l’entreprise à Seattle, ainsi que devant son siège social européen, au Luxembourg.

Cette année, de nombreuses grèves ont eu lieu en Allemagne pour protester contre le manque de considération pendant la pandémie de la Covid-19, ainsi que pour demander de meilleures conditions de travail.

Toutefois, selon Amazon, « Il s’agit d’une série d’affirmations trompeuses de la part de groupes mal informés ou intéressés qui utilisent le profil d’Amazon pour faire avancer leurs causes individuelles ». L’entreprise se défend en affirmant qu’elle a une « solide réputation en matière de soutien à nos employés, nos clients et nos communautés, notamment en offrant des conditions de travail sûres et en proposant un salaire minimum de 15 dollars et d’excellents avantages sociaux, en menant la lutte contre le changement climatique avec l’engagement de la Climate Pledge d’être net zéro carbone d’ici 2040, et en payant plus de 5 milliards de dollars de taxes dans le monde ».

Bien que cette taxe ne soit pas appliquée dans tous les pays, le gouvernement français vient d’envoyer, il y a quelques jours, un avis d’imposition aux géants du numérique, dans le cadre de la taxe GAFA, dont fait partie Amazon. Selon le commissaire européen au marché intérieur, Thierry Breton, l’Europe continuera d’imposer une taxe GAFA tant que les États-Unis ne reviennent pas à la table des négociations”.