L’Inde vient d’interdire 43 applications chinoises sur son sol suite aux tensions géopolitiques qui se sont installées entre les deux pays frontaliers.

Une question de sécurité

Au mois de juin 2020, un conflit a eu lieu entre les forces armées indiennes et chinoises dans l’Himalaya, menant à la mort de 20 soldats du côté de l’Inde. Après ce drame, la pays a annoncé l’interdiction de 60 applications développées par des entreprises venant de l’Empire du Milieu, et notamment du géant TikTok, lui faisant perdre son marché le plus important. Depuis, le pays sud-asiatique a banni des dizaines d’applications chinoises, et cette dernière vague élève ce nombre à 170.

Parmi les plateformes concernées, nombreuses sont issues des géants chinois, à l’image d’AliExpress, Alipay, UC Browser et Alibaba Workbench qui appartiennent au groupe Alibaba, ou de WeChat, la super-application made in Tencent. Ces suppressions sont un véritable coup dur pour les entreprises chinoises ; l’Inde représente en effet un marché colossal et en pleine expansion. Alors qu’Alibaba misait beaucoup dessus, la firme a été contrainte d’y stopper ses investissements.

Pour se justifier, le Ministère indien de l’électronique et des technologies de l’information invoque des questions de sécurité : « Cette action a été prise sur la base des contributions concernant ces applications pour s'engager dans des activités qui sont préjudiciables à la souveraineté et l'intégrité de l'Inde, la défense de l'Inde, la sécurité de l'État et l'ordre public ».

Une tendance globale

Bien qu’il s’agisse du pays prenant les mesures les plus sévères à l’encontre des entreprises chinoises, l’Inde est loin d’être la seule. La guerre commerciale qui sévit entre les États-Unis et la Chine a des répercussions dans le monde entier. Cela s’observe notamment pour le lancement de la 5G : de nombreux pays européens interdisent à leurs opérateurs d’utiliser des équipements Huawei pour le déploiement du réseau. Des soupçons d’espionnage pour le compte du Parti communiste chinois pèsent en effet sur les entreprises du pays. D’ailleurs, des mesures similaires pourraient être décidées en Inde.

Pour l’instant, le marché du smartphone n’a pas été affecté par les mesures prises par le gouvernement indien. Les mobiles chinois sont légion dans le pays et malgré des menaces de boycott, les chiffres ne montrent pas vraiment de perte de vitesse, note le Wall Street Journal.