Il y a deux ans, une étude mettait en avant que les femmes entrepreneures étaient toujours confrontées à des obstacles en matière d’investissement. Aujourd’hui, et en Europe, les femmes entrepreneures profitent d’un territoire qui leur est le plus propice pour réussir le développement de leurs projets. C’est en tout cas la conclusion de l’étude menée par Mastercard, même si des difficultés ont été constatées, celles-ci sont notamment liées à la Covid-19.

L’Europe est en tête du classement de Mastercard

Dans le top classement mondial effectué par Mastercard cette année, il est possible de retrouver 6 pays européens. C'est deux fois plus que l’an passé, et cette année il est ainsi possible de retrouver Israël en première position du classement mondial, la Suisse en troisième position, puis la Pologne en cinquième, le Royaume-Uni en sixième, la Suède en huitième et enfin l’Espagne en dixième. Dans tous ces pays, les contributions socio-économiques des femmes entrepreneures sont plus importantes qu’ailleurs dans le monde. Il faut préciser par ailleurs que ces bons résultats, notamment en Israël, en Suède, ou encore au Danemark sont obtenus entre autres grâce à un soutient à l'entreprenariat des gouvernements. La France, quant à elle fait figure de mauvaise élève, elle est désormais huitième dans le classement des pays européens, mais peine à l’échelle mondiale où elle se classe dix-huitième, ne gagnant donc qu’une place par rapport à 2019.

On comprend là que l’Europe est devenue un bon terrain de jeu pour les femmes entrepreneures, même si certains pays deviennent moins propices à leurs activités. En effet, des pays comme l’Irlande ou la Belgique ont chuté dans le classement. Le premier est passé de la 5ème à la 13ème position. Le second quant à lui est passé de la 21ème place à la 30ème.

Les femmes entrepreneures très présentes en Europe

Le fait que l’Europe soit un marché intéressant pour les femmes entrepreneures relève aussi de la répartition des femmes dans certains pays d’Europe selon l’étude de Mastercard. En effet, le pourcentage de femmes entrepreneurs par pays est de 31,2% au Portugal, de 30,9% en Espagne, de 29,9% en Pologne et de 28,4% au Royaume-Uni.

Ces taux sont intéressants et en hausse. C'est d’autant plus marquant lorsqu’on prend en compte certains postes occupés par des femmes en entreprise. Par exemple, 40% des femmes en Pologne ou encore en Suède occupent un poste de direction.

Globalement, les entrepreneures dénoncent l’impact de la Covid-19 sur leurs activités

Bien que l’étude démontre la présence et l’investissement des femmes entrepreneures sur le marché européen, force est de constater que des disparités face aux hommes subsistent et mettent à mal leur business. La pandémie de Coronavirus est le dernier exemple significatif de cela. L’étude de Mastercard montre que les femmes ont plus soufferts de la pandémie que les hommes, dans le cadre de leur entreprise. Ainsi, 64% des entreprises détenues par des femmes ont été fortement atteintes, contre seulement 52% des entreprises détenues par des hommes. En France, à ce niveau-là, la différence entre les hommes et les femmes est plus faible. 65% des femmes entrepreneurs ont déclarés que leur activité avait été fortement touchée, c’est également le cas de 61% des hommes entrepreneurs.

Comme dans la globalité de la crise, l’étude relève que les secteurs les plus touchés sont ceux du tourisme, des transports, de la vente, ou encore de la restauration. À l’inverse, les entrepreneures les moins impactées dans le cadre de leur activité sont celles investies dans l’éducation, la santé et le social ainsi que l’agriculture.

Si l'on se penche plus en détails sur les points de difficultés évoqués par les femmes entrepreneures, on retrouve la sphère privée. En effet, un tiers des cheffes d'entreprise ont estimé avoir accrue le temps et l'attention dédiée à leur vie de famille durant la crise sanitaire, ce qui les a bloqué dans leur activité professionnelle.

Finalement, l’étude établie par Mastercard met en avant que le Coronavirus a permis de mettre en lumière le rôle essentiel des femmes et leurs capacité à entreprendre et diriger dans des circonstances particulières. L’étude soulève par ailleurs les difficultés rencontrées par les femmes entrepreneures dans les pays en développement. L’accès aux opportunités d’entreprise leur est rendu compliqué et des efforts sont alors à faire sur ces marchés. Cela, dans le but que l’égalité des chances d’entreprendre et de réussir soit la même pour tous. Enfin, comme le précise Mastercard, tout n'est pas perdu puisque les politiques axées sur l'égalité des sexes et les investissements de base sont essentiels pour corriger les préjugés sexistes qui imprègnent souvent le monde des affaires.