Cela fait maintenant quatre années que la plateforme d’hébergement Airbnb a mis en place un règlement visant à limiter les pratiques discriminatoires au moment de l’acceptation des invités. Airbnb dévoile aujourd’hui que 1,4 million d’hôtes ont été exclus pour avoir refusé de signer cette charte anti-discrimination.

1,4 million de personnes ont été bannies

Dans un courrier adressé à Gizmodo, un porte-parole d’Airbnb déclare que : « depuis 2016, nous demandons aux hôtes inscrits sur notre plateforme de respecter de nouvelles règles qui consistent à ne pas choisir un invité en fonction de sa couleur de peau ou de sa religion et encore moins de le refuser pour de telles raisons. Nos hôtes doivent accepter ces conditions s’ils les refusent, ils sont exclus de notre plateforme. Ce fût le cas pour 1,4 million de personnes depuis l’instauration de cette charte anti-discrimination« .

La demande est assez simple et ressemble à quelque chose comme cela :

« J’accepte de traiter tous les membres de la communauté Airbnb – indépendamment de leur race, religion, origine nationale, ethnicité, handicap, sexe, identité de genre, orientation sexuelle ou âge – avec respect, sans jugement ni préjugé ».

Avant l’instauration de cette mesure, de nombreux utilisateurs noirs se sont vus refuser des logements sans raison valable. La déduction a été plutôt rapide : certains hôtes font de la couleur de peau une condition indiscutable pour accepter de louer leur logement. Cette pratique a même donné naissance au mouvement #AirbnbWhileBlack et à de multiples poursuites judiciaires. Airbnb ne pouvait pas laisser de telles pratiques se dérouler sur sa plateforme. C’est ainsi qu’est née la charte anti-discrimination.

Une charte anti-discrimination indispensable

Parmi les cas les plus célèbres, citons celui d’un hôte pro-Trump (étonnant ?) qui a refusé une demande de réservation parce que l’invité était asiatique. D’autres ont refusé d’héberger des transgenres. Des maghrébins ont été refusés par des hôtes français. Enfin, des hôtes chinois ont refusé les demandes des Ouïghours (une communauté traquée par le gouvernement chinois) et des Tibétains. On retrouve sur Airbnb le reflet de l’intégralité des conflits de notre monde…

En signant cette charte anti-discrimination, les hôtes s’engagent à ne pas refuser de réservations ou offrir des conditions d’hospitalité différentes en fonction de la couleur de peau, de la religion ou de la sexualité de leurs invités. Ils ont également l’interdiction de refuser les « animaux d’assistance » dont certaines personnes handicapées ne peuvent se passer. 1,4 million de personnes ont tout de même refusé de signer ce règlement, par « conviction » semblerait-il.