Sundar Pichai, le patron de Google, a dû se sentir mal à l’aise lorsque Thierry Breton, le commissaire européen l’a mis, jeudi dernier, devant le fait accompli. En effet, lors d’une conférence vidéo entre les deux hommes, le français a dévoilé à l’américain qu’il avait connaissance de son projet de riposte face au Digital Service Act, un texte ayant pour objectif de réguler les grandes entreprises technologiques. Un document interne de Google a en effet fuité, jusqu’à atterrir dans les mains du commissaire européen.

Le projet autour du Digital Service Act ne plaît pas à Google

Il y a quelques jours à peine, nous vous disions qu’au moins 165 entreprises avaient demandé à l’Union Européennes des actions plus fortes contre l’abus de position dominante de Google. C’est là tout l’objet du projet de texte du Digital Service Act. Ce dernier doit être présenté en décembre prochain et inclura la possibilité de démanteler une entreprise usant de sa position dominante, même si Margrethe Vestager a précisé ne pas être favorable à cette pratique.

Il semblait évident que ce projet de texte n’allait pas plaire à tout le monde, surtout aux grandes entreprises technologiques, dont Google. Ce dernier préparait secrètement une riposte. En effet, un document interne intitulé “DSA 60-Day Plan Update” a livré tous les détails de la stratégie envisagée par Google pour “vider de sa substance la nouvelle législation numérique en cours d’élaboration à Bruxelles”, comme le détaille Le Point. Google envisageait, entre autres, de recourir aux services de l’État américain comme les bureaux de représentation du commerce ou encore les ambassades, et de jouer sur les divisions entre les services à Bruxelles”.

« Internet ne doit pas demeurer un “Far West” » selon le commissaire européen

Face à ces découvertes et lors de la visioconférence organisée le 12 novembre initialement pour discuter du développement de Google en Europe, Thierry Breton a demandé des comptes au patron du géant américain. Avançant l’usage d’une “méthode d’un autre siècle”, le commissaire européen a rapidement reçu des excuses de la part du directeur de Google. Ce dernier s’est dit “désolé que cela se passe de cette manière”, précisant par ailleurs qu’il assumait la responsabilité du document dont il n’avait pas pris connaissance auparavant.

Dans un communiqué, Thierry Breton a par la suite rappelé : “La position européenne est claire : tout le monde est le bienvenu sur notre continent, à partir du moment où les règles sont respectées. Nous sommes déterminés à offrir à nos citoyens et aux industries l’environnement le plus sûr et le plus compétitif du monde”, précisant par la suite “Internet ne doit pas demeurer un “Far West””. Pour bien se développer en Europe, Google n’a ainsi qu’à bien se tenir !