Les grandes plateformes, telles que Netflix ou Amazon (Prime Video), bénéficient grandement de la fermeture des salles de cinéma, ainsi que du confinement. Face à la grogne des créateurs audiovisuels européens, la France attend impatiemment la mise en application de la directive européenne SMA, qui vise à réguler les relations avec les grandes plateformes numériques, et à assurer la promotion de la diversité culturelle en Europe.

D’ici deux ans, elles devront investir de 20% à 25 % de leur chiffre d’affaires dans la production de contenus européens. Pour les films français, les plateformes auront l’obligation de réserver 60% de leur financement à la production indépendante, ce qui rapporterait autour de 250 millions d’euros par an au cinéma tricolore, rapporte Franceinfo. Ces procédures, dont le texte fondateur de l’audiovisuelle européenne remonte à 1989, doivent avoir lieu au début de 2021, après quelques temporisations dues à la Covid-19.

Pour la société civile des auteurs, réalisateurs et producteurs (ARP) : “les géants du numérique considèrent qu’en finançant la création européenne, ils devront être considérés comme des producteurs délégués, ce qui leur permettra de toucher des fonds de soutien publics. En clair, cela financerait en partie leurs investissements”.

De plus, dans une tribune publiée sur Le Monde, plus de 560 créateurs audiovisuels européens demandent une forte réaction de la part du gouvernement face aux géants du numérique, dans le but de protéger l’exception culturelle française et européenne. Cette réaction étant directement liée à l’application française de la directive européenne SMA.

Les chiffres sont flagrants : les salles de cinéma en France ont grandement souffert de leur fermeture à cause du confinement. Sa fréquentation a chuté de 73% en juin, par rapport à l’an dernier, à la même période. Le cinéma français, qui est le 2ème exportateur mondial, a résisté notamment grâce à l’absence de films américains. À défaut de pouvoir visionner un film au cinéma, les Français se tournent de plus en plus vers la SVOD. Une étude démontre qu’elle a atteint un chiffre d’affaires record de 689 millions d’euros, soit une croissance de 52% comparé à l’an dernier.

Face à la crise, le gouvernement français a octroyé une enveloppe de 2 milliards d’euros au Ministère de la Culture, dont 165 millions au cinéma et à l’audiovisuel français et 100 millions d’euros dédiés à la garantie de reprise des tournages, ainsi qu’aux pertes d’exploitation des salles. La ministre de la Culture, Roselyne Bachelot, l’a réaffirmé le jeudi 5 novembre 2020 : “La décision de maintenir les tournages était essentielle, et il faudra particulièrement nous mobiliser pour que la réouverture des salles s’accompagne d’une offre de films diversifiée”.