Alors que le déploiement des équipements 5G de Huawei est en grand danger en Europe, l’ANSSI assure que l’arrêté « anti-Huawei » français pourrait évoluer.

Obligation d’obtenir une autorisation de l’ANSSI

Si au départ, le géant chinois était très bien parti pour équiper les opérateurs européens pour le lancement de la 5G, il a subi un violent élan de méfiance de la part de l’Occident. Avec l’administration Trump en tête, Huawei a été accusé d’espionnage pour le compte du gouvernement de la Chine. Plusieurs pays européens ont ainsi pris la décision d’interdire la firme dans les équipements de leur 5G dont les débuts sont prévus pour la fin 2020.

En France, Huawei n’a pas été banni mais sera très surveillé. Fin 2019, une loi visant à « préserver les intérêts de la défense et de la sécurité nationale dans le cadre de l’exploitation des réseaux radioélectriques mobiles » a ainsi été promulguée, avec ensuite un décret fixant la liste des appareils visés par cette dernière, précise ZDNet. Il a depuis été surnommé « arrêté anti-Huawei ». Pour rappel, la loi prévoit un « régime d’autorisation préalable, fondé sur des motifs de défense et sécurité nationale, des équipements de réseaux ». Concrètement, elle oblige les opérateurs à faire valider leurs équipements par l’Agence nationale de sécurité et des systèmes d’information (ANSSI).

Lors d’une audience au Sénat cependant, le président de l’agence, Guillaume Poupard, a affirmé que cet arrêté n’était pas définitif : « Si c’est un arrêté, c’est justement qu’il est amené à évoluer et on va le faire évoluer. Parce que simplement la technologie évolue et que si on veut être capable de coller aux questions de sécurité il faudra faire évoluer cet arrêté ».

Seuls Bouygues et SFR possèdent des équipements Huawei

En France, seuls Bouygues Telecom et SFR disposent d’équipements Huawei pour le déploiement de leur 5G. Le premier a en outre saisi le Conseil d’État pour contrer cette loi. Pour le moment, les deux opérateurs ne disposent que d’une licence de 5 ans, contre 8 ans pour les concurrents de l’entreprise chinoise, et les équipements devront ainsi être démantelés avant 2028, à moins que la déclaration de Guillaume Poupard ne mène à une nouvelle juridiction.

L’opérateur le plus populaire de France, Orange, a quant à lui écouté le gouvernement en mettant Huawei de côté au profit de Nokia et d’Ericsson pour le déploiement de la 5G. D’ailleurs, son PDG a affirmé qu’il commencerait son lancement dès le 18 novembre prochain.

Au total, les opérateurs français ont dépensé 2,78 milliards d’euros pour obtenir des fréquences 5G sur le territoire.