Après plusieurs scandales concernant les données de ses utilisateurs, Zoom a passé un accord avec la Federal Trade Commission (FTC) et doit désormais respecter plusieurs conditions afin d’éviter des sanctions financières.

Les problèmes du passé refont surface

L’utilisation de l’application de visioconférence a littéralement explosé en 2020, bénéficiant des mesures de confinement entreprises pour contrer la propagation du Covid-19. À titre d’exemple, Zoom a signé un second exercice fiscal record cette année en quadruplant son chiffre d’affaires. Ce succès a toutefois été terni par des scandales concernant les données privées de ses utilisateurs, il lui a notamment de ne pas chiffrer les appels de bout en bout malgré ses dires, et de manquer de transparence quant à l’utilisation des données. Les écoles américaines ont alors pris la décision d’interdire le recours à l’application pour les professeurs.

Suite à cela, Zoom a promis au mois de juin que le chiffrement de bout en bout serait introduit pour les comptes payants, puis pour les abonnés gratuits quelques jours plus tard. Ce fameux chiffrement, qui garantit que seules les personnes intervenant dans une conversation peuvent voir ce qui y est dit, n’a toutefois été déployé qu’à la fin du mois d’octobre.

La FTC, agence américaine chargée de veiller aux pratiques déloyales et au respect des droits des consommateurs, a ainsi décidé de passer un deal avec l’application afin de s’assurer que sa façon de faire soit désormais en accord avec ses principes.

Un accord sous peine de sanctions

L’agence reproche en effet à Zoom des « allégations trompeuses qui donnaient aux utilisateurs un faux sentiment de sécurité, en particulier pour ceux qui utilisaient la plateforme de l'entreprise pour discuter de sujets sensibles tels que la santé et les informations financières ». Elle pointe également du doigt un logiciel baptisé ZoomOpener qui était inclu dans une mise à jour de 2018 sur Mac. Ce dernier pouvait parfois installer Zoom sur l’ordinateur sans que l’utilisateur n’ait donné son accord.

Selon l’accord établi entre la FTC et l’application, cette dernière va désormais devoir établir un programme de sécurité et ainsi réaliser des audits avec l’agence. Zoom va en outre informer la FTC en cas de problèmes avec les données personnelles des utilisateurs, et elle devra également mettre en place de nouveaux dispositifs de sécurité.

« Nous prenons au sérieux la confiance que nos utilisateurs nous accordent chaque jour, d'autant plus qu'ils comptent sur nous pour les garder connectés en cette période de crise mondiale sans précédent, et nous améliorons sans cesse nos programmes de sécurité et de protection de la vie privée. Nous sommes fiers des progrès que nous avons réalisés sur notre plateforme, et nous avons déjà abordé les problèmes identifiés par la FTC. La résolution d'aujourd'hui avec la FTC est conforme à notre engagement d'innover et d'améliorer notre produit, car nous offrons une expérience de communication vidéo sécurisée », a déclaré un porte-parole de Zoom.

En cas de non-respect des objectifs fixés par l’accord, Zoom risque de payer des amendes allant jusqu’à 43 280 dollars pour chaque infraction.