C’est une découverte majeure que viennent de réaliser ces scientifiques français depuis le Nouveau-Mexique. Ils ont découvert ce que l’on appelle la matière cachée de l’Univers. Cette équipe du CNRS menée par Nabila Aghanim a réussi à prouver la présence d’un gaz diffus et chaud dissimulé dans la toile cosmique.

La matière cachée représente 40% de la matière ordinaire

Depuis de nombreuses années, les astrophysiciens du monde entier estiment que près de 40% de la matière ordinaire qui constitue les étoiles, les planètes et les galaxies demeure inobservée. Elle serait en réalité inaccessible, cachée sous la forme d’un gaz chaud dans les méandres du cosmos. C’est la première fois que cette fameuse matière cachée est mise en évidence grâce à des données âgées de 20 ans, collectées par le télescope spatial allemand Rosat.

Pour mieux comprendre de quoi il s’agit, il est important de rappeler que les galaxies se distribuent dans l’Univers sous la forme d’un réseau complexe de nœuds connectés entre eux par des filaments. C’est précisément de cela dont on parle quand on utilise le terme de toile cosmique. La matière ordinaire est renfermée dans sa quasi-totalité au sein de ces filaments. Le constat est pourtant très clair : il manque 40 à 50% de la matière. Des baryons manquants, cachés dans la structure filamentaire de la toile cosmique.

L’équipe du CNRS a mesuré la température de ce gaz chaud

Un relevé sur environ 15 000 filaments a permis à l’équipe du CNRS d’identifier la matière cachée. De précédentes analyses avaient déjà permis de mesurer de manière indirecte la présence de gaz chaud dans la toile cosmique, laissant penser qu’il pourrait s’agir de la matière cachée. Aujourd’hui les chercheurs affirment qu’ils ont même pu en mesurer la température. Cette découverte ouvre la voie à l’analyse de l’évolution du gaz dans la structure filamentaire de la toile cosmique.

Une autre équipe de recherche de l’Université Curtin à Perth en Australie avait déjà prétendu découvert cette matière cachée il y a quelques mois. Les scientifiques avaient à l’époque utilisé une autre méthode, celle des sursauts radio rapides (FRB pour fast radio burst).

Le professeur Jean-Pierre Macquart expliquait en juin 2020 que : « cela fait plus de 30 ans que nous cherchons la matière manquante. L’espace intergalactique est très peu dense. La matière manquante n’équivalait qu’à un ou deux atomes dans une pièce de la taille d’un bureau moyen. Il était donc très difficile de détecter cette matière en utilisant les techniques et les télescopes traditionnels ».

Ces différentes découvertes vont probablement nous permettre d’apprendre énormément de choses sur notre Univers et notamment sur sa formation.