Jeudi soir, la National Payments Corporation of India (NPCI), l’organisme qui exploite le populaire système de paiement unifié UPI (Unified Payments Interface), a déclaré qu’elle imposera bientôt un plafond pour garantir qu’aucune application de paiement ne traite plus de 30% des transactions UPI en un mois, rapporte TechCrunch. Un coup dur pour Google et Walmart qui s’efforcent d’étendre la portée de leurs applications de paiement en Inde et qui se verront largement freinés par cette importante restriction.

Une restriction qui met à mal le développement de Google et Walmart dans le secteur du paiement en Inde

L’UPI est un système de paiement instantané développé par la National Payments Corporation of India, soutenu par le gouvernement indien, et qui a pour objectif de faciliter les transactions interbancaires. Ultra populaire, cette interface de paiement unifiée permet d’assurer des transactions avec plus de 160 banques et a traité, pour le seul mois d’octobre 2020, plus de 2 milliards de transactions en Inde.

Véritable pierre du paiement mobile dans le sous-continent, c’est sur ce système que se reposent Google Pay et PhonePe (Walmart) pour fonctionner sur le territoire indien. Seulement voilà, ils seront bientôt largement limités puisque la NPCI a décidé de mettre en place des restrictions visant à limiter les « risques » et à « protéger l’écosystème de l’UPI au fur et à mesure de son développement ». Ainsi, dès le mois de janvier 2021, un plafond de 30% pour le volume total des transactions UPI traitées par les fournisseurs d’applications tierces sera fixé. Évidemment, WhatsApp Pay (qui vient tout juste d’être lancé en Inde) sera également concerné.

Or, à l’heure actuelle, ce plafond est déjà largement dépassé par Google et Walmart ; le mois dernier, Google Play a généré 38% du total des transactions UPI, quand PhonePe en a traité plus de 40%. Plus que d’empêcher leur évolution, cette limitation est une véritable mesure régressive qui obligera les deux géants à reculer sur un marché en pleine ascension.

Dans un communiqué de presse, Sajith Sivanandan, qui est à la tête de Google Pay, a réagi à la nouvelle : « Les paiements numériques en Inde n’en sont qu’à leurs débuts et toute intervention à ce stade devrait être faite en vue d’accélérer le choix des consommateurs et l’innovation. Un modèle ouvert et basé sur le choix est essentiel pour stimuler cette dynamique. Cette annonce a été une surprise et a des implications pour des centaines de millions d’utilisateurs qui utilisent l’UPI pour leurs paiements quotidiens, et pourrait avoir un impact sur la poursuite de l’adoption de l’UPI et l’objectif final d’inclusion financière ».

Sameer Nigam, directeur général de PhonePe, a quant à lui déclaré : « Nous avons examiné la récente circulaire de la NPCI et nous voulons assurer à tous nos clients et commerçants qu’il n’y a absolument aucun risque d’échec des transactions UPI sur PhonePe. En fait, la circulaire de NPCI dit catégoriquement que le plafond de 30% de parts de marché ne s’applique pas aux TAP (ndlr : « Third Party App ») existantes comme PhonePe avant janvier 2023. PhonePe reste pleinement engagé à veiller à ce que cette circulaire ne perturbe pas la clientèle ».

En effet, comme le précise Sameer Nigam, la National Payments Corporation of India a accordé à Google Pay et à PhonePe un délai de deux ans supplémentaires pour effectuer cette transition de manière progressive. Pour l’heure, les services ne risquent donc pas d’être perturbés, mais une question se pose toutefois : comment réussiront-ils à gérer, à terme, cette restriction ? Une fois le plafond atteint, les paiements UPI sur leur application seront-ils simplement désactivés pour le reste du mois ? Affaire à suivre.