Le secrétaire d’État au numérique, Cédric O, a affirmé, le mercredi 4 novembre 2020, lors d’une séance de questions au Sénat, que la psychose française sur les ventes sur Amazon n’était pas le “fond du problème”. Il se cache derrière les huées en vantant l’annonce du ministre de l’Économie, des Finances et de la Relance, Bruno Le Maire, qui dédie une enveloppe de 100 millions d’euros à l’accélération de la digitalisation des petits commerces en France.

Digitaliser les petits commerces

« Le fond du sujet sur lequel nous devons travailler et sur lequel nous travaillons avec les collectivités territoriales c’est de numériser les petits commerces. Il y a 30% seulement de petits commerces numérisés contre 72% en Allemagne, c’est ça le fond du problème. Si nous ne sommes pas capables de doubler le nombre de TPE numérisés, ils connaîtront des difficultés à l’avenir », affirme Cédric O.

La sénatrice socialiste, Laurence Harribey, dénonce le terme “commerces essentiels”, en rejoignant la grogne du sénateur écologiste, Daniel Salmon, qui s’alarme sur le lourd tribut que doivent payer les petits commerces, qui vivent une situation dramatique depuis l’annonce du second confinement, le 30 octobre dernier. Les sénateurs ont demandé au ministre de s’expliquer sur le “manque de décisions logiques et équitables” quant aux commerces “non-essentiels” et sur le “favoritisme des grandes enseignes et du commerce en ligne”.

e-commerce : seulement 10% du commerce en France

Cédric O, sous les huées, a rétorqué que le e-commerce, c’est “10% du commerce en France, et que Amazon, c’est 20% du e-commerce. De plus, il se défend en affirmant “qu’il n’y a pas un pays européen où Amazon est plus bas qu’en France,” ajoutant ensuite que “quand les Français augmentent leurs achats de e-commerce, à 60% cela vient dans les poches des entrepreneurs français”. D’ailleurs, Amazon a récemment mis en avant sa boutique de produits français. Un paradoxe compliqué à aborder pour le gouvernement, autant que les consommateurs.

Le ministre a justifié la fermeture des commerces “non-essentiels” : “Si vous appelez à rouvrir les petits commerces, cela veut dire mécaniquement que le confinement équivaut à fermer uniquement les bars et les restaurants”. L’écologiste Daniel Salmon s’alarme sur la paradoxe de la fermeture des petits commerces en France, et de l’implantation d’entrepôts d’Amazon partout dans l’hexagone. Cette vision du commerce participe, selon lui, à la “dévitalisation de nos entreprises, et bétonne nos terres agricoles, et a un bilan carbone catastrophique”, s’insurge t-il.