La haute fonctionnaire danoise, Margrethe Vestager, a confirmé qu’elle n’envisage pas de démanteler les grandes entreprises technologiques, tels que Facebook, Amazon, ou encore Apple : “la scission ne sera pas nécessaire”. Le 2 décembre prochain, elle devait présenter de nouvelles mesures pour lutter fermement contre la superpuissance de ces plateformes étrangères, tout en les surveillant en amont pour qu’ils respectent les lois européennes.

L’Europe n’arrivera jamais jusque-là, sauf…

La commissaire européenne a estimé que “jusqu’à présent, nous n’avons pas eu de cas qui pourrait conduire à une telle démarche”, et espère que l’Europe n’en arrivera jamais jusque-là, confie-t-elle au quotidien allemand Frankfuter Allgmeine Sonnatagzeitung, malgré la vague déferlante aux États-Unis, en Europe et même au Japon, contre la superpuissance des GAFA.

À la différence de Margrethe Vestager, le commissaire européen au marché intérieur, Thierry Breton, a confié au Financial Times, à la mi septembre, que l’Europe aura recours à des mesures contraignantes pour lutter contre les grandes sociétés de technologie, si elles abusaient de leur position sur le marché intérieur. Il ambitionne pouvoir contraindre ces géants à vendre certaines de leurs activités européennes si leur hyper-puissance prenait trop de place et menace les petites entreprises. Il assure que “dans certaines conditions, nous pouvons également avoir le pouvoir d’imposer une séparation structurelle”.

Bruxelles réfléchit à un système de notation

Pour cela, Bruxelles réfléchit à l’idée d’un système de notation. Il permettra au public et aux autres entreprises de noter le comportement de ces plateformes, notamment sur la façon dont elles comptent gérer les contenus signalés. De plus, Thierry Breton concède qu’une supervision accrue de ces grandes plateformes serait utile. La puissance de ces géants inquiètent l’Union européenne et les États-Unis. En effet, à la mi-octobre, la France et les Pays-Bas avaient demandé à la Commission européenne d’agir, et vite, contre les GAFA. Dans la même veine, lors de son discours solennel de rentrée, la présidente de la commission européenne, Ursula von der Leyen, avait réaffirmé son ambition pour l’Europe : contenir la puissance des grandes firmes étrangères, en les surveillant, et en mettant le paquet sur la technologie européenne, notamment avec la création d’espace de données souverains sur une plateforme européenne de cloud.

Une chose est certaine : les GAFA ne sont pas que dans le viseur de la Commission européenne. Ils le sont aussi dans celui du département de la justice des États-Unis, qui a par ailleurs déposé une plainte antitrust le 20 octobre contre Google pour utilisation illégale de sa puissance de marché pour entraver ses rivaux. Les dates du procès seront d’ailleurs bientôt connues. Le moins que l’on puisse dire est que les mois et les années à venir seront plus que cruciaux pour ces entreprises qui souhaitent se refaire une belle image, à l’heure où ils sont en conflit direct avec Donald Trump. Peut-être qu’une élection de Joe Biden apaisera les tensions.