Hyundai, par l'intermédiaire de sa joint-venture Motional, créée avec Aptiv, a annoncé mardi 27 octobre qu'elle déploiera un service de taxis autonomes dans une ville des États-Unis dès l'année prochaine. Le projet est le fruit de la collaboration entre Motional et la startup Via. La ville choisie pour accueillir les premiers prototypes n'a pas été révélée, mais l'on sait qu'ils arriveront sur la première moitié de l'année 2021. Les entreprises ont laissé filtrer que le service sera lancé dans l'une des villes américaines où Motional opère déjà, ce qui réduit la liste possible à Boston, Pittsburgh, Las Vegas, et Santa Monica.

Hyundai s'est associé à Aptiv et Via pour concevoir son projet de taxis autonomes

Le service sera directement ouvert au public, et reposera sur les véhicules confectionnés par Motional. Dans une approche similaire à celle du lancement de la navette autonome Olli 2.0 à Toronto, l'objectif est déterminer une intégration du service de taxis autonomes avec le système de transport public urbain. C'est également une alternative crédibilisée par le besoin de sécurisation des conditions d'hygiène en ces temps de pandémie.

"Nous nous trouvons à un moment important dans notre industrie, un moment où les possibilités d'adoption de la technologie sans conducteur n'ont jamais été aussi grandes. Des recherches récentes montrent que 70% des Américains repensent leurs transports à la lumière de la COVID, et qu'un sur cinq s'intéresse davantage aux véhicules sans conducteur qu'avant la pandémie", indique Karl Iagnemma dans un post sur Medium.

Pour le constructeur automobile européen, Motional, la joint-venture créé en septembre 2019 avec l'américain Aptiv a été une pierre angulaire de l'avancée de ses ambitions en matière de conduite autonome. Aptiv est en effet loin d'être un nouveau venu sur ce marché, ayant déjà mis en circulation une centaine de véhicules autonomes sur plusieurs continents au travers de différents partenariats.

L'un d'entre eux impliquait notamment un des leaders sur le marché des taxis, Lyft. La collaboration entre Lyft et Aptiv avait débouché sur 50 000 courses avec des véhicules autonomes à Las Vegas en juin 2019. Un service qui avait été mis en pause suite à l'arrivée de la pandémie de Covid-19 sur le continent américain, mais qui a repris son activité en début de mois.

C'est sur les mêmes bases de ce partenariat entre Aptiv et Lyft qu'opèrera celui entre Motional et Via. Cette dernière est une plateforme qui sera chargée de gérer la réservation, l'acheminement, l'affectation et l'identification des passagers et des véhicules, l'expérience client et la gestion du parc automobile. Des informations sur les transports en commun et les connexions possibles seront aussi transmises.

Le service de Hyundai ne sera toutefois pas considéré comme un service "sans conducteur". Tous les véhicules autonomes auront un opérateur de sécurité au volant. En revanche, le service fera payer les utilisateurs, ce qui indique que les entreprises tentent de comprendre tous les aspects de l'exploitation d'une entreprise commercialement viable.

Le CEO de Motional, Karl Iagnemma, évoque un timing adéquat, arguant que le concept des applications de transport en taxi s'est imposé dans les moeurs et est prêt à franchir une nouvelle étape.

"Les applications de transport en taxi, utilisées aujourd'hui par plus d'un tiers de la population américaine, existaient à peine il y a dix ans. La prise de conscience, puis la familiarité, puis l'expérience personnelle ont fait que nous sommes passé de simples flottes de voitures noires de luxe à une omniprésence mondiale. Nous savons que le public veut une technologie sans conducteur. En tirant parti de la familiarité et de l'ampleur du covoiturage et de ses marques, nous pouvons commencer à nous intégrer dans les habitudes déjà établies"
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Un marché qui se structure, avec une concurrence déjà accrue

Reste que pour Hyundai, le marché des taxis autonomes compte également d'autres acteurs déjà bien ancrés. Au premier rang, Waymo tient la corde depuis plusieurs années. La filiale d'Alphabet vient en effet de lancer sa flotte de taxis autonomes à Phoenix, accessible au grand public. Waymo poursuit également une stratégie de partenariat agressif, s'étant notamment associé à Volvo pour produire des taxis autonomes pour le constructeur automobile. Le leader du secteur a définitivement les moyens de ses ambitions après avoir levé plus de 2 milliards de dollars en mars dernier.

Zoox, startup rachetée par Amazon pour un milliard de dollars, dispose également de la fameuse licence de niveau 4 pour tester ses véhicules autonomes. Une licence obtenue en septembre, qui devrait préfigurer de la place prépondérante que souhaite occuper la firme de Jeff Bezos sur ce marché.

Enfin, l'entreprise chinoise AutoX déployait en août dernier son service de taxis autonomes à Shangaï. La métropole chinoise voit déjà circuler sur ses routes les taxis robots de Didi Chuxing depuis août 2019.