Le site web de la campagne de Donald Trump a été piraté pendant 30 minutes ce mercredi 28 octobre 2020. L’accueil du site de l’actuel président américain a été modifié avec le message suivant : “le monde en a assez des fausses informations répandues chaque jour par le président Donald Trump”. “Il est temps de permettre aux gens de connaître la vérité”. Cette incidence survient à 5 jours de l’élection présidentielle américaine, alors que les les autorités travaillent d’arrache-pied pour limiter ces piratages.

Le pirate affirme détenir des informations compromettantes sur Trump

L’auteur de ce piratage a affirmé, qu’à travers la porte dérobé du site, il aurait obtenu des informations compromettantes sur le président américain, notamment de conversations secrètes entre ce dernier et ses proches. Le journaliste au Jewish News of Northern California, Gabriel Lorenzo Greschler, était la première personne à avoir identifié ce piratage.

Le flou autour des intentions de ce pirate persiste, mais l’acte ne passe toutefois pas inaperçu auprès des agences de renseignement qui redoutent plus que jamais d’autres piratages. John Ratcliffe, le directeur des renseignements nationaux affirme avoir identifié l’Iran et la Russie comme étant deux nations responsables de quelques intrusions dans les bases de données d’inscription des électeurs ces dernières semaines.

La page d'accueil piratée du site de campagne de Donald Trump

La page d’accueil piratée du site de campagne de Donald Trump

Le pirate a également accusé l’administration Trump, sans preuve, d’avoir un lien préoccupant avec l’origine du Covid-19, et de coopérer avec des acteurs étrangers, en vue des élections américaines. Le porte-parole de campagne de Donald Trump a confirmé la dégradation du site web, mais a affirmé qu’il n’y a “pas eu d’expositions à des données confidentielles car aucune d’entre elles n’est stockée sur le site web. Le site a été restauré à l’identique”.

En juillet dernier, un adolescent américain, Graham Clark, avait soudoyé des employés de Twitter, et qui avait réussi à piraté le compte Twitter de Barack Obama ainsi que celui-ci de Joe Biden, de Bill Gates, Elon Musk, et des entreprises telles qu’Apple et Coinbase. Pourtant, la semaine dernière, Donald Trump a déclaré, lors d’un meeting de campagne en Arizona, que “personne ne se fait pirater. Pour se faire pirater, le pirate doit avoir un QI de 197 et il lui faut environ 15% de votre mot de passe”.

Recours à la cryptomonnaie difficilement traçable

Le malfaiteur, dont l’identité n’a pas été relevée, a lancé une cagnotte pour inciter les gens aux dons, à l’aide d’une cryptomonnaie (Monero) très difficilement traçable. Une méthode plébiscitée par les cybercriminels, qui déplaît grandement à Donald Trump. Il avait tweeté ceci en juillet dernier : “je ne suis pas fan de Bitcoin et d’autres crypto-monnaies, qui ne sont pas de l’argent, et dont la valeur est très volatile et basée sur le vide. Les actifs cryptographiques non réglementés peuvent faciliter un comportement illégal, y compris le commerce de drogue et d’autres activités illégales.”

Les cyberattaques se multiplient, on l’a vu notamment le 19 octobre dernier, lorsque le FBI et le département de la justice américaine ont annoncé la mise en accusation de six officiers du renseignement militaire russe pour avoir commis plusieurs cyberattaques, dont celle du parti politique “En Marche” d’Emmanuel Macron, quelques jours avant son élection en 2017.