Microsoft a annoncé dans un communiqué de presse son chiffre d’affaires du troisième trimestre 2020. Il est valorisé à 37,2 milliards de dollars (33,1 milliards au premier trimestre 2020), avec un résultat net de 13,9 milliards de dollars (10,7 au premier trimestre 2020). La hausse moyenne du groupe est jaugée à +12%, et le bénéfice par action suit la même tendance. Valorisé à 1,14 dollar au premier trimestre 2020, il est évalué à 1,82 dollar au troisième trimestre.

Les analystes avaient anticipé la hausse du chiffre d’affaires à 35,7 milliards de dollars, soit 1,5 milliard de moins que ce qui a été finalement réalisé. En le dépassant, cela laisse présager que certaines branches de l’entreprise ont bénéficié des répercussions de la pandémie. C’est le cas de Teams. Aujourd’hui inclus dans Microsoft Office 365, au grand dam de Slack, il compte 115 millions d’utilisateurs quotidiens. Sur le troisième trimestre 2020, la suite Office 365 a gagné près de 58 millions d’utilisateurs.

Une croissance en décroissance

Pour ce dernier trimestre, la croissance du chiffre d’affaires d’Azure est de +48%, celle de Surface +37%, Xbox +30%, Dynamics +19%, Linkedin +16%, et Office +9%. Pourtant, malgré cette augmentation, la croissance d’Azure décroît :

D’un côté Microsoft annonce une augmentation de l’utilisation des services cloud, et de l’autre il met en avant une baisse de leur croissance. L’acquisition de nouveaux clients et la fidélisation des anciens n’ont donc pas été autant facilité qu’il peut y paraître pendant la période de confinement. Si la pandémie a ralenti la croissance d’Azure, celle-ci se stabilise, ce qui reste positif : « La demande pour nos offres de cloud a entraîné un bon début d’exercice, le cloud a généré 15,2 milliards de dollars de chiffre d’affaires, soit une hausse de 31% sur l’année », explique dans un communiqué Amy Hood, la directrice financière du groupe. Les résultats financiers précis d’Azure n’ont pas été rendus publics, probablement pour éviter toute comparaison avec le leader du secteur, AWS, la solution d’Amazon.

La Covid-19 ne trouble pas l’actionnariat, mais entraîne la suppression de 960 emplois

Linkedin n’a pas rempli les attentes du groupe, malgré l’augmentation de son chiffre d’affaires de 16%. En effet, avant la crise, sa croissance était aux alentours de 20% : « Dans les dernières semaines du [troisième] trimestre, il y a eu un ralentissement des licences ponctuelles, en particulier dans les petites et moyennes entreprises, et une réduction des dépenses publicitaires sur LinkedIn », a déclaré l’entreprise. Face à ce ralentissement, le 20 juillet, 960 emplois ont été supprimés, soit 6% des effectifs de Linkedin. Windows, branche de Microsoft qui propose du matériel informatique, a lui au contraire subi une baisse au premier trimestre et a remonté sur le reste de l’année, pour finalement enregistrer de la croissance.

Dans son ensemble, l’annonce peut donc rassurer les actionnaires. Microsoft leur a versé une enveloppe totale de 9,5 milliards de dollars, sous la forme de rachats d’actions et de dividendes. Si le monde est en panique face à la pandémie, globalement les entreprises de la tech s’en sortent bien. Satya Nadella, le PDG de Microsoft, ne fait pas mention du virus et à seulement évoqué la « transformation numérique », preuve que l’appréhension du virus n’est pas la même pour tous, qu’il peut servir d’accélérateur pour la digitalisation des sociétés et servir de levier pour les entreprises du secteur.