L’année 2020 restera définitivement comme une année pivot pour le déploiement des outils collaboratifs. À mesure que les périodes de confinement s’enchainaient à travers le globe, le monde du travail a du s’adapter à la démocratisation forcée du télétravail. Pour conserver la productivité des équipes, les entreprises ont du adopter de nouveaux outils de travail en ligne, au rang desquels les plateformes collaboratives. Sur ce marché du collaboratif, plusieurs acteurs étaient déjà bien positionnés en début d’année, et depuis que la pandémie a frappé vu leurs nombres d’utilisateurs exploser. Lancé en 2017, Microsoft Teams fait partie des gagnants de ces nouvelles méthodes de travail.

Microsoft Teams, une croissance soutenue avec la généralisation du télétravail

Lors d’un appel avec les investisseurs de Microsoft ce mardi 27 octobre, le PDG Satya Nadella a présenté à son audience un chiffre de 115 millions d’utilisateurs journaliers pour Microsoft Teams. Soit une augmentation de 50% par rapport au chiffre de 75 millions présenté il y a tout juste 6 mois.

Une courbe de croissance qui n’est pas prête de fléchir, à l’aube d’une seconde vague de confinement européenne qui devrait renvoyer de nombreux salariés en télétravail.

Constatant la nécessité pour les entreprises peu digitalisées de basculer sur des outils collaboratifs en ligne, Microsoft Teams a aussi profité de cette période de croissance pour travailler à l’amélioration de son produit. En juillet dernier, Microsoft Teams présentait ainsi une nouvelle fonctionnalité, le mode « Together », permettant que chaque participant à une visioconférence soit représenté par un avatar, détouré de la webcam par une intelligence artificielle, et placé dans un lieu neutre comme un café ou un amphithéâtre.

“Le mode Together a été créé pour déstresser votre cerveau. Il n’est plus perturbé par les mouvements en arrière-plan, les lumières ou autres de l’environnement de votre interlocuteur” confie Jaron Lanier, chercheur en informatique à Microsoft. « Les réunions seraient ainsi plus efficaces car moins stressantes. Il nous a semblé que c’était le contexte parfait pour inciter à la prise de parole sans stress”.

Un rendu visuel voulu plus ludique, qui a notamment été utilisé par la NBA lors des phases finales qui se sont déroulées sans spectateurs dans la bulle d’Orlando. Pour chacun des 172 matchs joués, deux écrans géants étaient positionnés sur les côtés du parquet. Un système d’inscription permettait à n’importe qui de pouvoir assister au match « au premier rang », y compris Barack Obama. Fin septembre, Microsoft annonçait par le biais de sa conférence Ignite 2020 de nouvelles fonctionnalités, avec un focus particulier sur l’amélioration du mode Together. Grâce à l’introduction du machine learning, les participants aux vidéos conférence ont l’assurance d’être bien centrés dans leur siège. L’IA apporte un côté légèrement plus naturel aux différentes scènes.

Le mode Together de Microsoft Teams a séduit Barack Obama

Le mode Together de Microsoft Teams a séduit Barack Obama lors des finales NBA. Image : Getty

Microsoft compte bien continuer à tabler sur la démocratisation de Microsoft Teams, et en lui offrant une plateforme grand public aussi puissante que celle de la NBA, nul doute que le nombre d’utilisateurs devraient atteindre de nouveaux plafonds. En mettant l’accent sur le bien-être pour l’ajout de nouvelles fonctionnalités, la plateforme a tout pour séduire et convertir.

Pour rappel, Microsoft Teams fêtait ses 3 ans le 19 mars dernier, bouclant une semaine au cours de laquelle son nombre utilisateurs grimpait de 12 millions. Pour un total à l’époque de 44 millions d’utilisateurs. Jared Spatari, vice-président de Microsoft, roulait même des mécaniques en indiquant que 93 des 100 entreprises au plus gros chiffre affaires dans le monde avaient souscrit à Microsoft Teams.

Slack et Zoom, les autres poids lourds américains du collaboratif

Mais sur le marché du collaboratif, Microsoft doit aussi composer avec une concurrence féroce. Deux autres géants américains sont également engagés dans la course au nombre d’utilisateurs. Il y a d’abord Zoom, dont le chiffre d’affaires a quadruplé sur le second trimestre 2020 par rapport à l’année précédente (663,5 millions de dollars contre 145,8 millions de dollars en 2019). Et l’entreprise a déjà fait ses prévisions pour l’année à venir. Zoom table ainsi sur un chiffre d’affaires montre en 2021 de 2,39 milliards de dollars.

Des prévisions encouragées par des développements produit les uns à la suite des autres. Dernièrement, c’était Perfect Recall qui a vu le jour, un outil de prise de notes durant les visioconférences.

L’autre géant américain qui amasse les utilisateurs depuis 6 mois, c’est Slack. En France, en mai dernier, l’application comptait plus de 7 000 nouveaux clients, ainsi que 44% de messages en plus par utilisateurs. En juin, lors de la publication de ses résultats financiers du premier trimestre 2020, Slack présentait une hausse de 50% par rapport à l’année précédente. Slack n’est pas en reste sur les améliorations produits, puisque début octobre l’entreprise au hashtag annonçait la sortie de nouvelles fonctionnalités.

La course effrénée que mènent ces trois poids lourds du collaboratif ne saurait toutefois cacher les problèmes engendrés par ces niveaux de croissance. Au coeur des enjeux, on trouve la sécurité des données. Que ce soit Microsoft Teams, Zoom ou Slack, chacun s’est retrouvé sous le feu des projecteurs pour rassurer l’opinion publique quant à leur cybersécurité respective. Récemment Larkin Ryder, la Chief Security Officer de Slack, nous offrait une plongée dans la politique de sécurité de Slack, montée en tête d’affiche des priorités de l’entreprise.

Pour Zoom, après une période dans l’oeil du cyclone concernant la sécurité de ses données, l’entreprise propose enfin un chiffrement des données de bout en bout pour l’ensemble de ses utilisateurs. Après avoir été accusé de transmettre les données de ses utilisateurs à Facebook, Zoom a été épinglée pour mauvais soins apportés aux données personnelles. Suite à cela, le service a fait appel à des experts en sécurité, notamment l’ancien chef de la sécurité de Facebook.

Et pour compléter l’image d’ensemble, il est à noter que les concurrents ne ratent pas une occasion de se tirer dans les pattes. En juillet, Slack attaquait Microsoft pour pratiques anticoncurrentielles. Concrètement, Microsoft est accusée de lier son outils Microsoft Teams à Office 365, ce qui, pour Slack, est un abus de position dominante.

Avec une saison d’hiver qui s’accompagnera d’un télétravail généralisé, il faut s’attendre à ce que les outils collaboratifs continuent de faire l’actualité. La France se défend elle-aussi très bien sur ce terrain, avec des applications Made-in-France qui ont déjà fait leurs preuves. Jamespot et Klaxoon sont notamment deux acteurs à garder dans le viseur.