Vinted, le géant lituanien de la vente de vêtement de seconde main entre particuliers, vient de racheter un concurrent européen d’ampleur. En acquérant le néerlandais United Wardrobe, Vinted consolide ses parts de marchés, et met la main sur un fichier client imposant. La startup lituanienne fondée en 2008 est déjà présente dans 11 pays européens et aux États-Unis. Elle consolidera plus particulièrement sa présence aux Pays-Bas, en France, en Belgique et en Allemagne ; pays dans lesquels la plateforme d’United Wardrobe était bien implantée. Le montant du rachat n’a pas encore été communiqué.

Vinted et United Wardrobe, une vision commune de l’économie circulaire

La France reste le terrain de jeu le plus fructueux pour Vinted, pays dans lequel le rachat de son concurrent lui permet de récupérer 1,1 millions de membres. Une acquisition qui est promue comme étant la conclusion d’une vision commune de l’économie circulaire et d’une mode plus responsable. « Nous sommes en plein boom du e-commerce mondial et la mode de seconde main bénéficie de cet essor », commente Sjuul Berden, CEO d’United Wardrobe. « En nous associant à Vinted, nous pourrons tirer le meilleur parti de cette croissance et, ensemble, nous contribuerons à accélérer le mouvement mondial vers une industrie de la mode plus durable ».

Un son de cloche similaire à ce qu’avance la direction de Vinted : « On s’est rencontré à plusieurs reprises et on a directement accroché », indique Thomas Plantenga, le patron de Vinted. « Nos manières de travailler et nos qualités sont très comparables. Plutôt que se concurrencer, cela nous semblait bien plus logique d’unir nos forces ». Pour assurer la transition, les équipes dirigeantes de l’acteur néerlandais seront maintenues aux commandes. Sjuul Berden (CEO), Maud Behaghel (directrice des opérations) et Thijs Slijkhuis (directeur technique) conservent leurs positions dans des rôles de direction.

Vinted revendique à ce jour 34 millions d’utilisateurs (en incluant ceux d’United Wardrobe) répartis dans 13 pays. L’année dernière, la plateforme a affiché des chiffres hauts en couleur : 1,3 milliards d’euros de vêtements se sont échangés sur celle-ci. Dans l’Hexagone, elle était en 2019 la sixième application la plus téléchargée. Il y un an, Vinted bouclait sa cinquième levée de fonds pour un montant record de 128 millions d’euros. Avec ce tour de table, la startup lituanienne voyait sa valorisation atteindre la barre du milliard de dollars, la classant parmi les licornes européennes. Nous la retrouvions d’ailleurs un peu plus tôt cette année sur cette cartographie des startup européennes ayant levé le plus de fonds.

Douze ans après sa création, Vinted opère sa première stratégie de croissance externe, elle qui avait jusqu’à présent priorisé une croissance uniquement organique. « Nous avons juste racheté il y a quelques années la base de données d’une société espagnole qui ne souhaitait plus être active en Europe », explique le Thomas Plantenga, CEO de Vinted. « Travailler par acquisition n’est toutefois pas la nouvelle stratégie. Le potentiel de croissance organique est encore bien réel. Nous avons encore de très grandes ambitions. On étudie pour le moment dans quel pays on pourrait s’étendre ».

Un acteur de plus à bénéficier de l’avènement du e-commerce, malgré une histoire cahoteuse

Alors que la seconde vague de Covid-19 secoue le Vieux Continent, et frappe de plein fouet certaines industries, d’autres capitalisent sur le boom du e-commerce pour voir leur business décoller. Vinted fait ainsi partie de ces plateformes e-commerce qui surfent sur le changements des habitudes de consommation. Au second trimestre 2020, la startup lituanienne apparaissait au sixième rang des sites e-commerces les plus visités en France, devant notamment Carrefour. Malgré un coup d’arrêt avec la première vague de coronavirus, qui l’avait obligée à mettre ses activités en pause en mars, les signes vitaux sont excellents.

Cela n’a pas toujours été le cas, puisque Vinted a traversé une période tumultueuse il y a quelques années. À l’origine de Vinted, on trouve Milda Mitkute et Justas Janauskas. En 2008, alors que la première doit faire face à un déménagement et à un stock de vêtements dont elle ne sait plus quoi faire, c’est son ami Justas qui lui propose de développer un site de revente. Face au succès du concept, Vinted nait sous forme d’une plateforme d’échanges de vêtements de seconde main. Sept ans plus tard, en 2015, malgré une levée de fonds à 50 millions d’euros, la startup fait face à des difficultés financières. C’est à ce moment que le néerlandais Thomas Plantenga est appelé au chevet de Vinted. Après avoir drastiquement réduit la voilure (fermeture des bureaux de Londres, Munich, Paris, et San Francisco), et repensé le business model (service gratuit pour les vendeurs, commission de 5% du prix d’achat de l’article plus 7 centimes), Vinted est de nouveau profitable, et Thomas Plantenga est depuis installé en tant que CEO.