En Suède, à l’occasion de l’annonce des entreprises sélectionnées pour l’attribution des fréquences 5G le 20 octobre, le régulateur des télécommunications PTS a annoncé l’interdiction des produits Huawei et ZTE pour son réseau 5G. La Chine pourrait mettre en œuvre des mesures de rétorsion contre le concurrent suédois de Huawei, Ericsson.

Les entreprises de télécommunication suédoises ont jusqu’à 2025 pour exclure Huawei et ZTE

Après la Grande-Bretagne, c’est au tour de la Suède de bannir Huawei et ZTE de son réseau 5G. Le régulateur, PTS, a expliqué suivre les recommandations des forces armées et des services de sécurité suédois. Klas Friberg responsable de ces derniers a qualifié la Chine comme « l’une des plus grandes menaces pour la Suède » rapporte le Financial Times. Il accuse notamment la Chine de se développer grâce à « une collecte de renseignements étendue et le vol de technologie, de recherche et de développement ».

Des accusations récurrentes portées initialement par les États-Unis qui ont fait jouer leur poids diplomatique pour rallier les pays occidentaux à leur point de vue. Huawei continue de son côté de plaider son innocence, déclarant par le biais d’un porte-parole qu’il « n'y a aucune raison factuelle pour soutenir les allégations selon lesquelles Huawei représente une menace pour la sécurité ».

Jusqu’ici Télé2, la deuxième plus importante entreprise de télécommunication du pays, et Télénor, opérateur public, utilisaient la technologie de Huawei pour leurs réseaux 4G. Désormais elles ont jusqu’au 1er janvier 2025 pour exclure les deux sociétés chinoises des « fonctions centrales » du réseau 5G. C’est-à-dire, selon le communiqué de PTS, « les fonctions du réseau d'accès radio, du réseau de transmission, du réseau central et du réseau de service et de maintenance qui sont nécessaires pour maintenir la fonctionnalité du réseau et les services de communication électronique fournis par le titulaire de la licence ».

Une sanction contre Ericsson en Chine n’est pas si évidente

Comme Huawei, la Chine a estimé que la Suède n’avait aucune preuve d’espionnage par le biais des deux entreprises. L’autorité de régulation des télécoms chinoise a, le même jour que son homologue européenne, publié un avis pour renforcer la supervision des entreprises de télécommunications étrangères au sein de l’Empire du Milieu. Une menace pour les contrats chinois d’Ericsson, entreprise suédoise et principale concurrente de Huawei sur la 5G.

La Chine a déjà menacé les exportations des produits d’Ericsson et de Nokia en cas d’interdiction de Huawei pour l’Union européenne. Une décision pas si évidente, puisque la plupart des produits des deux entreprises sont fabriqués en Chine. Une large part de leurs 30 000 employés en Asie y sont localisés. Les prochaines semaines diront si l’avis du régulateur chinois se concrétise en acte de rétorsion ou non.