Au mois de juin 2020, la Commission européenne annonçait que la majorité des applications de traçage nationales à la Covid-19 allaient pouvoir fonctionner au-delà de leurs frontières et sur l’ensemble du territoire européen. Chose promise, chose due : l’Italie, l’Allemagne et l’Irlande ont commencé à tester l’interopérablité de leurs apps, apprend-on dans un communiqué de presse.

En Europe, les apps de traçage à la Covid-19 commencent à communiquer entre elles

Puisque le coronavirus ne s’arrête pas aux frontières, plusieurs pays de l’Union européenne ont consenti à rendre leurs applications de traçage nationales à la Covid-19 compatibles entre elles. Une initiative judicieuse, qui a commencé dès ce lundi 19 octobre 2020 par l’interopérabilité entre les applications irlandaises, allemandes et italiennes. À elles seules, ces trois apps cumulent 30 millions d’utilisateurs, soit 2/3 des téléchargements réalisés au sein du territoire de l’Union européenne.

Concrètement, cela signifie par exemple qu’un Irlandais partant en vacances en Allemagne pourra continuer d’utiliser son app de traçage nationale, comme il le faisait dans son pays. Il continuera de recevoir des alertes s’il rentre en contact avec une personne infectée par le virus, même si celle-ci utilise sa propre app nationale. La Commission européenne détaille :

« La passerelle permet aux applications de fonctionner sans discontinuité par-delà les frontières. Les utilisateurs n’auront donc besoin d’installer qu’une seule application. Lorsqu’ils se rendront dans un autre pays européen participant, ils continueront de bénéficier du traçage des contacts et de la réception des alertes, que ce soit dans leur pays d’origine ou à l’étranger. »

Si l’Italie, l’Allemagne et l’Irlande sont les premiers pays européens à rendre leurs applications nationales intercompatibles, ils devraient être rejoints dès la semaine prochaine par les apps de l’Espagne, de la République Tchèque, du Danemark et de la Lettonie. À terme, 20 applications nationales devraient se joindre à ce projet pour endiguer la propagation du virus à travers le territoire européen.

StopCovid, le vilain petit canard européen

Malheureusement, la France ne pourra pas profiter de l’interopérablité entre les apps de traçage européennes puisque l’accord concerne seulement les applications ayant été construites sur la base d’une architecture décentralisée. Or, StopCovid a opté pour une architecture centralisée, tout comme les apps du Royaume-Uni, de la Hongrie et du Royaume-Uni.

Un important point noir pour l’application française qui a déjà connu un véritable flop au sein de l’hexagone avec seulement 3% de la population française l’ayant téléchargée. Rappelons néanmoins que le gouvernement compte lui laisser une nouvelle chance en lui offrant une nouvelle version dont le lancement est prévu pour le 22 octobre 2020.