À son tour, le Japon est décidé à jeter un oeil aux abus de position dominante qu’exerceraient les GAFA (Google, Apple, Facebook et Amazon). L’archipel rejoint ainsi le mouvement mondial visant à réglementer les géants du web, sous l’impulsion des États-Unis et de l’Europe. Une démarche déjà entreprise par le pays du soleil-levant en décembre 2019, mais qui se poursuit et précise aujourd’hui.

Bientôt des enquêtes sur les GAFA au Japon ?

Lors de sa déclaration de lundi 19 octobre 2020, Kazuyuki Furuya, le président de la Japan Fair Trade Commission (FTC) a laissé entendre que Tokyo pourrait prochainement ouvrir une enquête sur Google et son rachat de Fitbit. Il a indiqué : « Si la taille d’une fusion ou d’un rapprochement commercial est importante, nous pouvons lancer une enquête anti-monopole sur le processus d’acquisition par l’acheteur d’une startup. Nous suivons de près les développements, y compris en Europe ».

Par ce premier engagement, le Japon cherche à s’aligner avec les actions de ses confrères européens. Rappelons, en effet, que l’UE a déjà ouvert une enquête sur l’acquisition de Fitbit par Google. Selon Furuya, la coordination mondiale est cruciale pour arriver à une réglementation des pratiques commerciales des grandes entreprises technologiques, il précise : « Nous travaillerons en étroite collaboration avec nos homologues américains et européens et réagirons à tout mouvement qui entrave la concurrence ».

Ainsi, le Japon pourrait durcir le ton face aux GAFA comme le fait l’Europe, ou alors se baser sur les recommandations émises par le Congrès américain suite à une enquête titanesque sur les quatre géants du web. D’ailleurs, Kazuyuki Furuya avertit déjà : « C’est un domaine dans lequel je vais insister de manière agressive ». Le ton est donné.

La FTC japonaise sur tous les fronts

Outre les enquêtes auxquelles seront éventuellement soumis les GAFA, Kazuyuki Furuy affirme également que son organisation mènera des études afin de déterminer les améliorations possibles au sein de son pays, notamment sur le marché de la téléphonie mobile. Les frais liés à ce domaine sont très élevés au Japon, et une telle démarche pourrait participer à leur réduction.

Une décision qui ne sera certainement pas pour déplaire au gouvernement en place puisque le Premier ministre du pays a déjà, à plusieurs reprises par le passé, porté des critiques sur les frais de téléphonie mobile. Malgré le fait que son organisation soit totalement indépendante, Kazuyuki Furuy estime : « S’il y a une priorité politique pour le gouvernement, il ne fait aucun doute que la FTC devrait réfléchir à ce qu’elle peut faire sur ce sujet« .