Les 22 membres fondateurs de GAIA-X se sont récemment constitués en tant qu’association pour officialiser la création de ce projet de cloud européen. Alors que l’idée de départ était de proposer une alternative aux solutions américaines ou chinoises, Peter Altmaier, ministre allemand de l’Économie et de l’Énergie, a récemment déclaré que GAIA-X pourrait accueillir des entreprises technologiques américaines, chinoises et indiennes.

GAIA-X s’ouvre aux entreprises américaines chinoises et indiennes

Parmi les premiers intéressés, nous savons déjà que le lobbyiste Digital Europe, qui compte parmi ses membres Google, Apple et Facebook, a déposé sa candidature pour faire partie du collectif européen. Le ministre allemand souhaite finalement élargir le champ d’application de ce projet pensé au départ pour être seulement un projet européen. Finalement, des entreprises telles que Google, Microsoft, IBM ou encore Tencent, qui prépare d’ailleurs une offre de cloud en France, pourront participer GAIA-X.

C’est étonnant et cela semble aller à l’encontre même du principe de création de GAIA-X qui cherchait justement à proposer une alternative à ces géants du web. Pourtant, selon le ministre allemand Peter Altmaier : « l’enjeu central du projet est de rassembler les fournisseurs de services et d’infrastructures existantes autour d’un référentiel qui liste des attributs obligatoires, tels que l’absence de soumission à certaines réglementations comme le Cloud Act américain ».

Un moteur de recherche spécifique pourra permettre aux clients de rechercher le fournisseur de leur choix, en fonction de critères précis et personnalisables. Les entreprises américaines chinoises et indiennes qui intégreront le projet auront en revanche une influence limitée sur le fonctionnement de GAIA-X selon les déclarations du ministre. Elles ne pourront par exemple pas être autorisées à devenir membres du conseil d’administration.

Création d’une « Fédération européenne de l’informatique dématérialisée »

Au cours de son allocution sur GAIA-X, Peter Altmaier a également annoncé la signature d’une déclaration commune sur les technologies de l’informatique dématérialisée, dans le but de former une « Fédération européenne de l’informatique dématérialisée ». À ce jour, tous les membres de l’Union européenne ont signé sauf Chypre et le Danemark. L’objectif derrière cette signature est de faire coopérer les États européens dans la création de systèmes cloud européens. Une offre européenne doit émerger et être compétitive face aux solutions proposées actuellement sur le marché.

Selon le haut fonctionnaire allemand « Fédération européenne de l’informatique dématérialisée » doit : nous aider à connecter les infrastructures cloud existantes et à développer davantage GAIA-X ». La déclaration précise évidemment que malgré son ouverture au reste du monde, GAIA-X ne sera en aucun cas soumis aux lois des juridictions étrangères. Selon Thierry Breton, commissaire européen chargé du marché intérieur, cette alliance peut être opérationnelle avant la fin de l’année 2020.