Dans une interview accordée au Journal du Dimanche, le vice-président des affaires internationales et de la communication chez Facebook, Nick Clegg, a affirmé que le réseau social avait rejeté plus de 2 millions de publicités qui tentaient d’entraver le vote des élections américaines. Le réseau social, largement pointé du doigt en 2016, met tout en œuvre pour redorer son image.

Des chiffres impressionnants

Les chiffres dévoilés par Nick Clegg sont impressionnants et montrent l’ampleur du rôle de Facebook dans la politique moderne. Il a ainsi indiqué qu’en plus des 2,2 millions de publicités rejetées, 120 000 posts ont été retirés et des messages d’avertissement ont été placés sur plus de 150 millions de publications pour les mêmes raisons. Le vice-président a par ailleurs précisé que l’intelligence artificielle avait permis au réseau social de supprimer des milliards de publications et de faux comptes avant même qu’ils ne soient signalés.

En plus des algorithmes, de nombreux modérateurs travaillent activement pour empêcher que Facebook n’entrave les présidentielles : « 35 000 employés s’occupent de la sécurité de nos plateformes et contribuent aux élections », a ainsi ajouté Nick Clegg. Le réseau social se prépare également aux semaines à venir qui s’annoncent très corsées, il imagine par exemple plusieurs scénarios pour anticiper une éventuelle contestation du résultat de la part de Donald Trump.

De nombreux efforts

Si Facebook s’investit autant, c’est pour ne pas reproduire les erreurs du passé. Le scandale Cambridge Analytica, ainsi que les campagnes de désinformation menées par la Russie via le réseau social américain ont en effet fait d’énormes étincelles, à tel point que son rôle dans l’élection de Donald Trump et dans le vote pour le Brexit ont été pointés du doigt. Suite à cela, Facebook a introduit le fact-checking sur sa plateforme et collabore désormais avec près de 70 médias spécialisés, dont 5 français, rappelle Nick Clegg. ABC et Snopes ont toutefois quitté le navire en 2018, ce qui est rarement bon signe.

Plus récemment, Facebook a déployé de nombreuses mesures pour faire face aux élections présidentielles américaines, et la firme a aussi dû lutter contre la désinformation par rapport à la pandémie de Covid-19, avec notamment l’interdiction des publicités anti-vaccins.

Les efforts du réseau social sont à saluer, mais il semble quasiment impossible qu’il puisse éviter des débordements. Réponses dans quelques semaines…